Le tricot n'est pas mort, une grande surface du fil à tricoter en atteste à Verviers

Avec l'approche de l'hiver, les écharpes, gants et autres gilets vont ressortir des placards. Des vêtements et accessoires que certains tricotent ou crochètent eux-mêmes.

Pour se fournir, les petits magasins que l'on trouvait autrefois dans chaque localité ont disparu, mais de véritables grandes surfaces du fil à tricoter ont vu le jour. C'est le cas à Petit Rechain, près de Verviers, où la famille Baudinet propose sur 500 m² des centaines de pelotes en tout genre.

Des dizaines de rayons, des centaines de couleurs, des milliers de pelotes. Où que la tête se tourne, le constat est évident: les tricoteuses ont aujourd'hui un choix que leurs mères et grand-mères n'avaient pas. " Il y a aussi bien des laines que des cotons, des alpagas, des mohairs, des acryliques, des matières synthétiques. A chaque fois entre dix et trente coloris différents par qualité ", explique Fabian Baudinet, un des responsables de Baudilaine.com.

La famille Baudinet a même sorti sa propre marque, avec des fils venant directement de filatures en Italie, en Inde et au Pérou. Un développement lié au fait que le tricot et le crochet ne sont pas passés de mode, loin s'en faut. " Il y a eu une diminution depuis une vingtaine d’années mais depuis cinq ans, on surfe plutôt sur une bonne vague. Il y a une mode de retour du fil à tricoter avec la mode des gros fils. Ce sont des fils qui se tricotent sur des aiguilles 8, 9 ou 10, et évidement c’est très rapide, donc ça a relancé le tricot, notamment chez les jeunes ", ajoute Pierre Baudinet.

Des fils à tricoter pour tous les goûts, et pour toutes les bourses puisque certains sont de véritables produits de luxe comme des pelotes de cachemire pur à 17 ou 18 euros les 25 grammes.

Cafés tricots ou crochets

Un succès qui a conduit Pierre Baudinet à lancer il y a quelques années des cafés tricots et crochets. Ceux-ci ont directement connu un certain succès, et pas uniquement auprès des dames: " Ni mon fils ni moi ne sommes capables de tricoter, donc j’ai lancé ces cafés tricots et cafés crochets. Très rapidement, on a eu une vingtaine de personnes, puis ça a pris une extension pas possible et maintenant il y a entre 100 et 110 personnes par semaine qui y participent. C’est principalement féminin, mais on a quand même deux ou trois hommes qui tricotent. Ce sont en général des stylistes et il faut bien reconnaître que ce sont des tricoteurs hyper doués ".

Geneviève participe régulièrement à ces ateliers. Elle y est venue dans un contexte particulier: " J’ai été opérée du canal carpien dans les deux mains et j’ai réalisé que j’avais une envie folle de faire quelque chose de mes mains. Je n’avais jamais appris à tricoter ni à crocheter mais je suis venue et j’en suis enchantée. On voit ce que vous avez envie de faire, on vous aide à choisir la laine, puis petit à petit on apprend les techniques en fonction de ce qu’on veut faire. C’est un stimuli d’idées et c’est surtout un moment d’échange ".

Avenir = Internet

Quant à l'avenir, il passera inévitablement par Internet. C'est en tout cas l'avis de Fabian Baudinet: "Internet, c’est très important aujourd’hui. On ne peut pas être aveugle par rapport à ça et on est obligé d’avoir une présence sur le net. C’est un plus pour le magasin et pour le développement à l’avenir. Quant aux autres éléments importants pour l’avenir, c’est le fait d’avoir toutes les collections disponibles car les tricoteuses aiment bien toucher le fil. C’est quelque chose d’important pour elles. Ce qui est important c’est aussi d’avoir sa propre marque, quelque chose qui est exclusif ".

Une chose semble donc sûre, le tricot est loin d’être mort.

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