Logements en piteux état: le travail ne manque pas dans le nettoyage extrême

Retrouver un appartement ou une maison dans un état de saleté particulièrement désastreux, c’est ce qui arrive parfois à des propriétaires, des familles ou des sociétés de logement social. Dans les pires cas, où l’on parle souvent de syndrome de Diogène, ils doivent même faire appel à une société de nettoyage extrême.

Avec sa combinaison intégrale, des chaussures de protection, des gants et un masque, Ronald Gregoor, co-fondateur de la société waimeraise C.R. Clean, s’attaque à ce chantier extrême. Et forcément, cela demande de l’organisation : "Il faut qu’on oriente tout ça vers les centres de tri agréés. Cela étant, le travail de vidange représente un bon tiers du travail. Les deux autres tiers sont consacrés au nettoyage, qui est quand même assez important", explique-t-il.

Des chantiers surchargés de déchets divers, de meubles en mauvais état, de résidus alimentaires, voire pire encore, pour lesquels cette société spécialisée est appelée par de multiples personnes : "On est appelé par un peu tout le monde. Les gens eux-mêmes, la famille, des organismes, des assistantes sociales, des avocats. Ce sont souvent des gens sous tutelle donc c’est eux alors qui font appel à nous. Voire parfois même la police", détaille Cindy Roufosse, co-fondatrice de cette société spécialisée.

"Ce qui nous intéresse dans ce travail, c’est l’avant-après. C’est de voir l’état des lieux quand on arrive et l’état des lieux quand on repart. C’est de rendre un peu le sourire à la famille et même parfois aux personnes concernées, qui peuvent réhabiliter leur logement. C’est alors une vraie satisfaction pour nous", précise-t-elle encore.

Comment on en arrive là ?

Laisser se dégrader à ce point un logement, cela pose forcément question. Mais comment en arrive-t-on à laisser un appartement dans un tel état ? "On retrouve toujours un peu le même genre de choses dans ces logements : beaucoup de télécommandes et des tas de vêtements. Il faut savoir que quand ces personnes sortent de leur logement pour aller quelque part, ce sont des personnes comme vous et moi. On ne se rend pas compte qu’elles vivent dans des conditions comme ça. Généralement, elles ont un petit sac qui est prêt dans un coin avec des vêtements propres et une fois qu’elles sont dehors, c’est tout à fait indécelable", explique Ronald Gregoor.

"Dans les cas extrêmes, on est dans un gros laisser-aller d’un syndrome de Diogène. La personne a vécu un choc dans sa vie, qui peut être la perte d’un proche, et la personne ne fait pas son deuil. Alors elle entre dans une dépression qui n’est pas suivie au départ. S’en suit un laisser-aller, puis une habitude. Elle se désocialise, donc n’ouvre plus sa porte à qui que ce soit. Donc elle ne laisse plus personne entrer chez elle. Ce sont des personnes qui se réfugient aussi parfois avec des animaux et c’est une fois que tout ça est découvert que des solutions sont mises en place", détaille-t-il encore.

Cet appartement sera entièrement vidé. Il appartient à la société de logement social Logivesdre, qui gère 3000 logements. Des appartements en piteux état, elle en découvre cinq à dix par an. Un ou deux dans un état aussi extrême. Pour autant, il n’y a pas un profil type de locataire négligeant à ce point leur logement : "La plupart des situations que nous découvrons, c’est vraiment par hasard. Le seul point commun qu’on peut trouver, c’est le fait que ce sont des personnes très discrètes", confirme Tony Robert, directeur technique de Logivesdre.

Un accompagnement social est proposé lors de la découverte de tels logements.

 

Archives : Journal télévisé 15/07/2019

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