Le transfert de patients COVID : "on n'a pas eu le choix, c'est violent", témoigne la famille d'un malade

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Photo d'illustration - © Frédérick Florin AFP

Des hôpitaux saturés, des unités de soins intensifs débordées, c’est la situation actuellement en région liégeoise. Par contre, de l’autre côté d la frontière linguistique, il reste parfois de la place.

Ministre de la santé et directions d’hôpitaux plaident pour une solidarité entre institutions, pour un cadre clair pour les transferts. Mais le ministre de la santé l’a redit il y a quelques jours, ce sont parfois les familles qui refusent de voir un proche hospitalisé en Flandre. Pour les familles en effet, cette décision de transfert peut sembler violente. C’est en tout cas ainsi que l’a ressentie Ozgür Coban. Son oncle a été transféré de Liège vers Anvers.

Dans le coma

Il y a encore quelques semaines, cet homme de 61 ans se portait comme un charme puis il a contracté la Covid19 et son état s’est dégradé rapidement. Hospitalisé, il a été admis en soins intensifs avec un pronostic vital engagé : "le matin même j’ai eu le médecin qui m’a dit qu’il était dans un état critique, qu’il y avait peu d’espoir ", explique la nièce, "mon frère et moi on a quand même pu aller le voir quelques minutes derrière une vitre. Il était sur le ventre, le visage tout bleu et le médecin nous a encore confirmé qu’il fallait s’attendre au pire".

En début de soirée, vers 20 heures, Mme Coban reçoit alors un coup de fil "c’était une infirmière flamande qui s’occupe des transferts vers Anvers. Elle m’a dit que mon oncle allait être transféré une heure plus tard parce qu’il n’y a pas assez de personnel, que Liège est saturé. Elle m’a dit qu’on n’avait pas le choix, que la décision était prise". Malgré l’opposition de la famille qui voulait rester au plus près de cet oncle, le transfert a effectivement eu lieu en soirée.

Problème de langue

Pour avoir des nouvelles de son oncle, la nièce passe désormais par le médecin traitant qui appelle le service à Anvers puis la rappelle car pas évident de comprendre des termes médicaux et des explications dans une langue qui n’est pas la sienne : "je peux comprendre qu’on transfère des patients presque guéris pour libérer des chambres pour des plus graves ou qu’on envoie directement vers d’autres hôpitaux mais ici, qu’on transfère quelqu’un dans le coma, je ne comprends pas", explique-t-elle, " je sais que le personnel est débordé, n’a pas de pause, est fatigué, je n’en veux à personne mais il faut aussi se mettre à la place des familles, une telle décision c’est violent".

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