Le secteur associatif liégeois, exclu des "terrasses-covid" ?

La terrasse, au centre du litige
La terrasse, au centre du litige - © Michel Gretry

Les cafetiers et restaurateurs, aux quatre coins du pays, ont été nombreux à vouloir s’étendre sur la voie publique, pour espacer leurs tables et respecter les consignes de distance. Mais, pour les autorités municipales liégeoises, cette opportunité est apparemment conçue sous un angle strictement économique, sous un angle exclusivement commercial. Une association vient de l’apprendre à ses dépens.

Le groupe 54 Dérivation, c’est un "tiers-lieu", c’est un endroit autogéré, un espace mutualisé au service divers mouvements ou initiatives locales : ateliers d’écriture, expositions, donneries, rencontres. C’est un local d’expérimentations sociales. Ses membres ont demandé, et obtenu, en juin dernier, la permission d’occuper quelques mètres de stationnement automobile devant le trottoir de leur rez-de-chaussée, et d’y installer quelques chaises. Le document est signé d’un commissaire de police inspecteur principal, "dûment mandaté par le bourgmestre". Les bénévoles ont alors commencé à construire une terrasse, avec quelques bois de récupération, dans la perspective d’une reprise des activités de 54 Dérivation ce vendredi.

Mais à quelques jours de l’événement, les administratrices ont reçu un "ordre de démantèlement et d’enlèvement", arrêté par les échevins et… le bourgmestre. Le motif ? L’autorisation n’aurait pas dû être accordée à une association sans but lucratif : c’est réservé aux tenanciers professionnels. Du côté de 54 Dérivation, c’est la stupéfaction. Ces gens sont connus des services de la ville, pour laquelle ils sont d’ailleurs prestataires de services dans le cadre d’un programme européen de participation citoyenne, à Droixhe. Et si quelqu’un a commis une erreur administrative, il est fort tard pour s’en apercevoir. Une pétition a commencé à circuler. Le dossier devrait être évoqué au cours du dernier collège communal avant les vacances.

 

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