Le regroupement familial est long et cher : le témoignage d'une Verviétoise

Charline et Davor sont heureux : ils vont enfin pouvoir rester ensemble et se marier
Charline et Davor sont heureux : ils vont enfin pouvoir rester ensemble et se marier - © Charline Joris

Avec la vigilance renforcée des communes à propos des mariages blancs, ces mariages entre belge et étranger dans le seul but d’obtenir des papiers et un permis de séjour, le parcours des vrais couples mixtes est devenu particulièrement éprouvant. Cher aussi.

A Verviers, Charline Joris et Davor Mulalic viennent d’arriver au bout de cette procédure. Il leur aura fallu 2 ans et plus de 2000 euros. Tout avait pourtant bien commencé, il y un peu plus de trois ans, par une rencontre entre la Verviétoise et le bosnien, à Berlin, dans un cadre professionnel. Le couple décide alors d’habiter ensemble, en Belgique, via la procédure de regroupement familial. C’est là que débute un long parcours du combattant : " Ça a été très long. On a déjà eu très peu d’informations. Donc à son arrivée ici, on pensait qu’il n’avait que trois mois pour rester. En fait, il y a d’autres possibilités mais comme rien n’est expliqué, il nous a fallu trouver toutes les informations par nous-mêmes. Chaque information conduit à trois ou six mois d’attente à chaque fois. Six mois d’attente encore pour devenir cohabitants légaux, puis des mois et des mois pour arriver au regroupement familial ", explique Charline Joris.

A cela s’ajoute la constitution d’un très gros dossier de 150 pages prouvant les liens entre les deux partenaires : correspondances, photos, témoignages, publications sur les réseaux sociaux, tout y passe. Sauf un élément, qui a surpris le couple : les efforts d’intégration n’ont eu aucune importance : " C’est une des choses qui m’a le plus choquée. Je ne connais pas les démarches en matière d’asile mais dans notre cas, l’intégration n’a eu aucun impact. Mon compagnon a appris le français directement, il s’est inscrit au Forem, il a cherché du travail, il a trouvé un stage, il a passé le BEPS (brevet européen des premiers secours) à la Croix-Rouge, autant dire que c’est un bon citoyen. Mais ça, ça n’a absolument aucune importance. Il aurait pu rester chez nous à ne rien apprendre parce que, entre guillemets, il suffit d’attendre et de payer ", regrette la jeune femme.

Parce qu’en plus des délais, il y a l’aspect financier. Ce type de démarche peut coûter très cher. Pas évident pour un jeune couple. " Chaque démarche coûte. Déjà il y a les déplacements à Bruxelles. Ensuite, on paie 200 euros à chaque fois qu’on introduit un dossier. Et puis au moindre couac, si on doit prendre un avocat, ça coûte 1000, 2000, 3000 euros. Nous au total, ça nous a coûté 2000 euros ", détaille encore Charline Joris.

Aujourd’hui, le couple a terminé toutes les démarches et obtenu l’autorisation de rester en Belgique. Le mariage est prévu en juin prochain.

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