Le procureur du Roi de Liège demande l'interdiction de vente du gaz hilarant pour les mineurs

Le procureur du Roi de Liège demande l'interdiction de vente du gaz hilarant pour les mineurs
Le procureur du Roi de Liège demande l'interdiction de vente du gaz hilarant pour les mineurs - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le procureur du Roi de Liège, Philippe Dulieu, a écrit récemment au bourgmestre Willy Demeyer afin de lui demander d’adopter un règlement communal interdisant la vente de protoxyde d’azote (aussi appelé "gaz hilarant") aux mineurs d’âge, a confirmé jeudi la Ville de Liège à l’agence Belga, à la suite d’une information parue dans la Dernière Heure.

Dans sa lettre, le procureur du Roi explique que la zone de police est confrontée à une problématique grandissante de consommation excessive de gaz hilarant chez les mineurs. La police a d’ailleurs adressé un rapport au parquet sur le sujet : "Ce rapport nous disait qu’ils constataient de plus en plus de contrôles effectués auprès de conducteurs en possession de grandes quantités de protoxyde d’azote, qui n’étaient justifiées ni d’un point de vue médical ni agroalimentaire. Ça a donc amené certaines interrogations au niveau de la police de Liège, d’autant qu’on a constaté que certaines de ces bombonnes étaient utilisées lors de grandes fêtes par des jeunes. Donc effectivement nous avons réfléchi à plusieurs manières d’aborder la problématique. La première c’est d’écrire effectivement au bourgmestre pour qu’il prenne un règlement, et de notre côté, au niveau du parquet, nous sommes en train de rédiger une circulaire. Chaque fois que nous contrôlerons une personne, majeure ou mineure, en possession d’une grande quantité de ce gaz, sur base de la loi sur le commerce ambulant, nous rédigerons un procès-verbal et nous saisirons le produit en question", détaille Catherine Collignon, premier substitut du procureur du roi et porte-parole du parquet.

Le protoxyde d’azote reste toutefois légal et est, par exemple, utilisé dans le domaine médical, notamment pour ses propriétés anesthésiques et analgésiques. Une fois inhalé à travers un ballon, il permet de ressentir un effet euphorisant, ce qui pose des problèmes en termes de sécurité routière.

Risqué si on prend le volant

Selon une récente enquête menée par l’Institut de sécurité routière Vias, un jeune conducteur sur sept âgé de 18 à 34 ans consommerait mensuellement du protoxyde d’azote avant de prendre le volant. Une réunion sous l’égide du directeur général adjoint est prévue avec les différents services concernés, dont la police, au début du mois de mars afin d’aborder le sujet, précise le cabinet du bourgmestre liégeois. "La problématique est connue et diverses pistes doivent encore être étudiées pour voir comment protéger au mieux les mineurs : interdiction de vente, saisie du matériel, etc."

Une loi pour limiter les ventes

Le 4 février dernier, la Chambre avait approuvé en séance plénière une proposition de loi du MR, co-signée par le CD&V et la N-VA, visant notamment à interdire la vente de ces capsules aux mineurs de moins de 18 ans. Cette loi, approuvée à l’unanimité, n’entrera toutefois en vigueur qu’un an après sa publication au Moniteur belge pour laisser le temps aux commerçants de s’adapter.

Archives JT du 15/01/2021 – Gaz hilarant : sécurité routière menacée

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