Le procès Happart, entre "recommandations" et trafic d'influence

Cinq heures ! Il a fallu cinq heures d’audience au tribunal correctionnel, ce mardi, pour interroger les deux derniers prévenus du dossier Liège Airport. Il n’en reste que deux, parce que les autres soit ont payé des transactions, soit sont absents. L’affaire, du coup, se réduit à pas grand-chose.

Le désormais principal inculpé doit d’abord répondre d’un faux en écritures, commis dans le cadre de ses fonctions de président de l’aéroport : un document dans lequel il atteste, avec le directeur général de Liège Airport, que la comptabilité, à sa connaissance, ne contient pas d’irrégularité. Lors de l’interrogatoire, il apparaît qu’il a signé en raison d’un congé du directeur financier, et que le rapport qui a révélé des fraudes est arrivé plusieurs semaines plus tard. Ce rapport a d’ailleurs très rapidement été mis à l’ordre du jour du conseil d’administration. Le délit est loin d’être évident.

Parfois les fonctionnaires traînent pour appliquer les lois, c’est le rôle des élus de leur rappeler les règles

Le second volet est plus délicat. L’ancien ministre Happart est accusé de corruptions : en échange de promesses d’interventions, de marchés ou contrats divers, il aurait obtenu des faveurs, des promesses de rabais, pour des fournitures ou des travaux dans la maison, en construction, d’une "bonne amie". C’est, entre autres, le promoteur Binet qui se trouve au centre de ces suspicions. Les deux hommes ne cachent pas leur amitié de soixante ans, depuis les bancs d’un collège visétois. Mais à éplucher le dossier, il manque cruellement de bons de commande, de bordereaux de livraisons, de factures, de chèques qui attesteraient de "cadeaux". Ce sont des témoignages le plus souvent indirects qui en parlent En fait, deux mondes s’affrontent : d’un côté, un politicien habitué aux "recommandations", qui ne voit pas malice à soutenir tel projet immobilier, pour accélérer les procédures ; et de l’autre, la justice, pour qui c’est un trafic d’influence dès lors qu’existe un soupçon de contrepartie.

Que va requérir la procureur ? Que vont plaider les avocats de la défense ? Réponse, dans une semaine.

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