Le palais des congrès de Liège, terrain de "jeux" entre factions géorgiennes

Une "rencontre" de l'émigration géorgienne: un metting hyper-politique (image d'un reportage de la chaine Rustavi2)
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Une "rencontre" de l'émigration géorgienne: un metting hyper-politique (image d'un reportage de la chaine Rustavi2) - © Tous droits réservés

Qu'est venu faire en bord de Meuse l'ancien président géorgien Saakachvili, le deuxième dimanche de février ? Peut-être commencer à fomenter un coup d'état... L'homme, déchu de sa nationalité, en exil, a visiblement entamé une campagne pour reconquérir le pouvoir, dont il aurait promis de s'emparer bientôt, "en trois jours"....

Le palais des congrès avait loué sa "salle des mille" pour une soirée privée à caractère culturel, sur invitations, entre migrants géorgiens. Mais une dizaine de chaînes de télévision ne s'y sont pas trompées, et ont envoyé des équipes.  Elles ont diffusé de longues minutes de reportages, parfois en direct. C'est que des incidents ont éclaté, entre pro- et anti- Saakashvili, qui ont ténté de forcer l'entrée. Le début de la manifestation a d'ailleurs été retardé d'une heure.

Les organisateurs avaient pourtant demandé au palais de congrès de mettre à leur disposition trois employés d'une firme de gardiennage, en plus de leur propre service d'ordre. Ils ne sont pas parvenus à empêcher un opposant d'asperger des participants de gaz lacrymogène au poivre.  Ils évoquent une tentative de sabotage, menée par les services secrets géorgiens. Mais à l'intérieur, les partisans du mouvement d'Union Nationale ont réservé un accueil enthousiaste à leur chef de file.

L'affaire pose néanmoins plusieurs questions. D'abord, il y a la présence d'un homme en tenue paramilitaire aux côté de l'ex-président Saakachvili et de ses gardes du corps qui interpelle. Et puis surtout, le palais des congrès n'a visiblement pas anticipé la dimension politique de la "rencontre". L'intercommunale qui gère l'établissement n'est pas équipée pour vérifier le pédigrée de tous les candidats locataires d'un soir. C'est l'officier belge de liaison avec la république turque qui a pris la précaution d'avertir les renseignements généraux de la police zonale du risque d'échauffourée. La présence discrète de quelques agents en civil a paru suffire. Les autorités estiment exagéré de parler d'atteinte à l'ordre public.

L'agglomération liégeoise a connu par le passé plusieurs incidents d'origine extraterritoriale, entre groupes kurdes par exemple, mais c'est la première fois que cette région caucasienne importe ses conflits sous nos lattitudes. Après New-York et avant Rome, l'étape liégeoise de la tournée internationale de l'ex-président Saakachvili est ponctuée d'une enquête pour tenter d'identifier les fauteurs de troubles.

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