Le Mökki des fontaines à Engis, un rêve d'autonomie collective

Le Mökki des fontaines voit le jour grâce à plusieurs chantiers participatifs
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Le Mökki des fontaines voit le jour grâce à plusieurs chantiers participatifs - © RTBF

Le nez dans nos smartphones et tablettes : souvent, nos écrans nous coupent des autres. Mais parfois, ils créent aussi des ponts. Un habitant d’Engis utilise les réseaux sociaux pour demander aux internautes de l’aider à réaliser son rêve.

Un "laboratoire d’autonomie partagée"

C’est un petit chalet en lisière de forêt, entièrement en bois, qui sent encore la sciure fraîche. Petit à petit, chantier participatif après chantier participatif, il prend forme. Le gros œuvre est presque terminé. Bientôt, la maisonnette deviendra ce " laboratoire d’autonomie partagée ", dont rêve son concepteur.


" Le Mökki des fontaines ", comme il a été baptisé, est né dans la tête d’Yves Moulin. Mais c’est une œuvre collective. " J’aime dire que je l’ai fait moi-même mais que je ne l’ai pas fait tout seul ", résume-t-il.

 

Au départ, le bricolage ça n’était pas franchement son truc. Yves Moulin se décrit comme un " bricoleur du dimanche ", sans plus, prompt à jeter l’éponge quand la tâche lui paraît trop compliquée.

Le maître d’œuvre débutant avait donc besoin de conseils et de bras pour que son rêve devienne réalité. " Chaque fois que j’ai besoin d’aide, je fais un appel sur le groupe Facebook et à chaque fois j’ai des gens qui se portent volontaires pour venir m’aider ", s’étonne encore Yves Moulin.

Chantier participatif

Il y a bien sûr la famille, les amis et les amis d’amis qui viennent prêter main-forte. Mais aussi des bonnes âmes. Il y a quelques semaines encore ces bénévoles ne connaissaient pas Yves et pourtant, ils ont décidé de lui offrir de leur temps, sans rien attendre en retour.

C’est le cas de Robert. Fils d’agriculteur, il vit en ville mais se sent plus à l’aise en pleine nature. " La première chose que j’ai faite en arrivant ici c’est de grimper dans cette cabane ", s’enthousiasme-t-il en pointant la cime d’un arbre, " c’est formidable ".

Marie Adeline elle, a découvert le projet lors d’une journée porte ouverte. Plutôt bricoleuse, elle s’est laissé séduire par l’idée et le cadre. " On travaille un peu puis on regarde par la fenêtre. On a vue sur un pré avec des chevaux. De l’autre côté, des arbres qui dansent avec le vent. C’est juste des moments hors du temps ".

Elle a réussi un tour de force : amener avec elle ses deux ados de 12 et 16 ans. D’abord un peu ronchons, ils ont finalement eux aussi pris goût à l’aventure. " Je ne reconnais plus mon fils ", s’amuse Marie-Adeline. " D’habitude, il est plutôt plongé dans ses jeux vidéo. Là, je le vois avec un casque, une ponceuse. Et il s’éclate ! ". " C’est assez cool ", confirme timidement l’aîné.

Quant à Yves, il a lui aussi pris de l’assurance. Au début, c’est lui qui glanait des conseils à gauche, à droite. Aujourd’hui, c’est lui qui forme ses bénévoles, avec une idée bien précise de ses objectifs.

Quand autonomie ne rime pas avec autarcie

Son chalet sera lieu de vie, laboratoire, lieu d’expérimentation. Des expériences qui iront toutes dans le même sens : apprendre à répondre soi-même à ses besoins en aliments et en énergie.

Yves veut construire sa propre éolienne, sa centrale de bio méthanisation et à court terme il veut aussi se lancer dans l’aquaponie : un élevage de poissons, les déjections sont transformées en engrais pour les légumes, des légumes qui filtrent l’eau des poissons…

Mais pour Yves, autonomie ne rime pas avec autarcie. Il compte bien continuer à s’appuyer sur les autres. Il mènera ses expérimentations avec ses nouveaux amis et avec ceux qui voudront les rejoindre. Ensemble, ils comptent bien transmettre autour d’eux les résultats de leurs expériences.

Yves Moulin n’a pas la prétention de vouloir sauver le monde, mais il refuse de faire partie de ceux qui " se lamentent sans rien faire ". " Je sais que je fais partie d’un mouvement qui bouge, qui est dans une démarche positive et constructive ", conclut-il, optimiste.

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