Le lieutenant Jules Masy est décédé au front quelques jours avant l'armistice

A quelques jours du centenaire de la Première Guerre mondiale, les douloureux souvenirs refont surface dans les familles des militaires qui ont perdu la vie. Certains d'entre-eux sont décédés quelques jours avant l'armistice. C'est le cas du lieutenant Jules Masy, blessé à plusieurs reprises. Ce jeune officier, mort à l'âge de 30 ans, écourtait ses périodes de convalescence pour retourner près de ses hommes au front. 

Se souvenir pour ne pas oublier

En août 1914, à l’école régimentaire, Jules Masy est un jeune militaire qui a la confiance de ses chefs. Ils demandent à ce garçon originaire de la Hesbaye d’exercer les fonctions de professeur d’armes et d’escrime. Lorsque l’Allemagne déclare la guerre à la Belgique, Jules Masy prend son équipement et se dirige vers la position fortifiée de Liège. Dans la foulée, avec le 14e de Ligne, il prend place avec ses hommes dans les tranchées. Dans le village de Petit-Axhe, Andrée Pallen-Salle se souvient. Son enfance a été bercée par des récits de sa grand-mère autour de la personnalité de Jules Masy. "Quand on allait chez elle, elle nous expliquait tout ce qu'il avait fait et toutes les blessures qu'il avait eues et malgré tout, il retournait chaque fois au combat", dit-elle.

Une bravoure remarquable

Jules Masy était considéré comme un être d’exception, extrêmement courageux. Les autorités communales de Geer viennent de lui rendre hommage. Le jeune officier est mort quelques jours avant l’armistice. "Au total, il aura été blessé quatre fois depuis le début de la guerre puisqu'il a fait la totalité de la guerre. Il va d'ailleurs progresser dans les grades par sa bravoure.  Malheureusement, le 1er novembre, à dix jours de la fin du conflit, alors qu'il donne ses ordres pour une dernière offensive, un obus va exploser à ses pieds et il sera mortellement blessé" explique le colonel e.r. Thierry Babette, coordinateur général du Centenaire 14-18.

Les grades étaient mérités

Au moment de l'annonce de son décès, la famille du jeune officier et les habitants des villages voisins sont extrêmement meurtris. Le Professeur Francis Balace, historien, explique: "Un peu partout, des petites brochures ont été éditées souvent pour des officiers.  Comme à l'époque on est promu pour vaillance au feu ..., on sait que ce n'est pas du piston, on sait que ce n'est pas une protection politique.  Si vous montez de grade, c'est que vous êtes vraiment quelqu'un qui en veut et qui a fait quelque chose". 

Ecourter sa convalescence pour rejoindre ses hommes au front

Le lieutenant Masy voulait écourter ses périodes de convalescence pour rejoindre ses hommes au front. La combativité est une caractéristique de ce jeune officier. "Si vous voulez réussir, si vous voulez même vous en sortir, il faut un esprit de groupe terrible, il faut que tout le monde marche ensemble dans la même direction.  Et ça, c'est l'officier le moteur.  C'est lui qui va donner ça.  S'il reste derrière en disant à ses soldats "Allez-y", il n'y aura rien qui va bouger.  S'il part devant en leur disant "Suivez-moi", ça, ça va marcher, c'est certain" explique le colonel e.r. Thierry Babette.  

Sensibiliser les élèves

Cette semaine, dans les classes, l'histoire de la Grande Guerre sera racontée aux enfants de la localité. Les faits héroïques du lieutenant Masy ne seront pas oubliés.

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