Le groupe Wanty a commencé à "déconstruire" la centrale électrique des Awirs

C’est un gigantesque chantier qui vient de démarrer, dans la banlieue flémalloise : le démantèlement de la vieille centrale électrique du groupe Engie, condamnée depuis qu’elle a épuisé ses certificats verts. Vieille ? Elle date des années cinquante, et c’est en fait un complexe de cinq chaudières : l’usine a brûlé du charbon, du fioul, du gaz et pour finir des pellets. Il va en coûter une douzaine de millions pour assainir le site.

La société Wanty devrait avoir terminé la déconstruction dans deux ans et demi. Mais entretemps, il va falloir déployer d’énormes capacités d’ingénierie, et des techniques très spéciales. Du cisaillage, de l’oxycoupage, du désamiantage, et même du dynamitage pour mettre à terre des mastodontes de tuyauteries. Cinq phases successives sont programmées, en quelque sorte chaudière après chaudière. Sans parler de la structure de béton qui soutient cette véritable cathédrale vouée au culte de la féé électricité.

L’un des éléments les plus délicats, ce sont les cheminées, qui culminent à cent cinquante mètres de hauteurs. Elles sont très proches du fleuve, mais surtout, elles sont composées d’une double paroi : un coffrage apparent, en béton, et à l’intérieur, des briques réfractaires. La méthode choisie, c’est un grignotage : une nacelle circulaire extérieure et intérieure va progressivement descendre jusqu’à la moitié des ouvrages, afin qu’ils soient ensuite dynamités en sécurité

De nombreux dispositifs sont prévus pour réduire les nuisances, au cours des opérations. Pour rassurer les riverains, des états des lieux des maisons voisines ont été établis par un géomètre indépendant, pour indemniser en connaissance de cause d’éventuels dégâts. Les murs le long de la grand-route qui borde la zone vont être les derniers à être abattus, de façon à constituer un rempart contre les poussières. Des arrosages massifs doivent permettre de rabattre les particules au sol. Et les ouvriers vont disposer de capteurs individuels pour mesurer la qualité de l’air qu’ils vont respirer.

La direction d’Engie a prévu que les matériaux soient très largement recyclés ou réutilisés. L’intention reste bel et bien d’utiliser la partie la plus en aval de la parcelle pour installer une nouvelle unité à turbine-gaz-vapeur, dans le cadre du plan de sortie du nucléaire. Des oppositions à ce projet se sont récemment exprimées à ce propos. Mais ses promoteurs se disent confiants dans la décision que le gouvernement devrait prendre cet été.

 

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