Le gel provoque des dégâts aux arbres fruitiers

Le gel a provoqué des dégâts importants aux cultures fruitières.
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Le gel a provoqué des dégâts importants aux cultures fruitières. - © Marc Mélon RTBF

Les nuits restent bien froides malgré l'arrivée du mois de mai. Et du coup, les producteurs de fruits sont inquiets. Une partie de la production pourrait être condamnée. La Région wallonne leur promet un coup de pouce. Mais avant cela, il va falloir évaluer l'ampleur des dégâts.

Les septante fruiticulteurs de Wallonie sont inquiets pour leur prochaine récolte. Le 20 avril dernier, le gel a causé des dégâts aux 600 hectares de pommiers en fleurs. Philippe Thiry, technicien horticole au Groupement GAWI explique: "Le gel du 20 avril avec des températures de -4 à -6 qui ont duré quasiment toute la nuit, a gelé toutes les fleurs des pommiers. A ce moment-là, les pommiers comme la Jonagold étaient tous en floraison. On constate que toutes les fleurs sont brunes, cela veut dire qu'il n'y aura plus de fruit. On peut encore trouver quelques fleurs qui sont encore vivantes qui pourront être pollinisées cette semaine-ci éventuellement à condition qu'il fasse beau, qu'il y ait du soleil, des abeilles".

La poire Conférence, une variété adaptée à notre climat

Les 900 hectares de poires ne sont pas épargnés par le gel. Olivier Warnier, ingénieur agronome au Centre Fruitier Wallon explique: "Pour ce qui est de la variété Conférence, qui est une variété dite parthénocarpique, c'est-à-dire qu'il est possible d'avoir un fruit alors qu'il n'y aurait pas de pépin ou que les pépins auraient été gelés (ce qui est le cas cette année-ci), les fruits vont continuer à évoluer tout doucement. S'ils sont encore là début juin, ça veut dire qu'ils seront encore là à la récolte. Mais c'est impossible de savoir aujourd'hui s'il restera une récolte plus ou moins normale ou 30% ou 50% d'une récolte".

Le prix fixé par l'offre et la demande

En Wallonie, il y a une centaine d'hectares de cerisiers. A Rosoux, près de Waremme, les dégâts sont également visibles. Nicolas Goffin précise: "Dans les cerises douces, nous étions en pleine floraison et le gel a été très fort. On estime la récolte à 15, 20% d'une année normale. Ce qui veut dire que logiquement, les cerises devraient être beaucoup plus chères, c'est toujours la loi de l'offre et la demande mais ça dépend également du gel que l'on pourrait avoir dans d'autres pays européens".

Producteurs découragés

Certains fruiticulteurs sont sur le point d'arrêter leurs activités. Les problèmes s'accumulent et l'avenir devient sombre. Jean-Luc Dardenne fait part de son désarroi: "En 2011, on a eu la grêle, donc un an et demi sans récolte. On a eu l'embargo russe. Maintenant, c'est la gelée. Ça va être compliqué. La grande distribution va-t-elle être un peu responsable et suivre les producteurs régionaux qu'ils soient wallons ou flamands ?".

Le ballon d'oxygène de la Région wallonne

La Région wallonne pourrait mettre la main au portefeuille pour aider le secteur fruitier. Avant cela, il faut estimer les dégâts comme l'explique José Renard, chef de cabinet adjoint: "La procédure nous oblige de faire deux estimations, une première au moment de la survenance des dégâts, c'est-à-dire maintenant. Et la deuxième au moment de la récolte pour bien confirmer que les dégâts sont là".

Les producteurs de fruits vont laisser opérer la nature. Dans quelques semaines, ils se reverront pour voir ce qui sera ou non sauvé sur les arbres.

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