Le foie gras artisanal connaît de plus en plus de succès

Le magasin de Marylène Bastin ne désemplit pas en décembre.
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Le magasin de Marylène Bastin ne désemplit pas en décembre. - © Tous droits réservés

Dans son atelier de fabrication situé à Chapon-Seraing, Marylène Bastin ne sait plus où donner de la tête. Entre ses commandes, ses préparations, le téléphone qui sonne et les clients à servir, ses journées sont interminables : "Je fais actuellement des journées de 20 heures. Je suis ouvert sept jours sur sept. Je n’ai parfois pas le temps de m’arrêter pour manger à midi". Car le mois de décembre est le mois le plus important pour cette productrice de foie gras artisanal. Elle a d’ailleurs peur de ne pas pouvoir répondre à toutes les demandes : "C’est mon plus grand stress. Ne pas avoir assez de marchandise pour servir tous les clients. Car comme je fais tout de manière artisanale et que je travaille toute seule, il n’y a pas plus de 24 heures dans une journée".

Cette productrice s’est lancée dans le foie gras il y a 29 ans maintenant. Installée dans un village de Verlaine, elle produit plusieurs centaines de kilos par an. Son produit phare, c’est le foie gras au torchon, mais elle travaille toutes les parties des canards qu’elle élève. Un travail qu’elle effectue seule tout au long de l’année et principalement à la main. Elle ne souhaite pas grandir pour conserver ce côté artisanal.

La demande pour ces produits ne cesse d’augmenter. Suite aux différentes polémiques concernant le gavage et au travail de communication d’association comme Gaïa, les clients retournent vers des productions artisanales et locales : "Les amateurs de foie gras savent que pour un produit de qualité, il faut que l’animal ait été bien soigné. Ils préfèrent donc se tourner vers de petits producteurs qui travaillent de manière artisanale." En témoigne un client rencontré ce jour-là dans sa boutique : "Je ne suis pas un militant de Gaïa mais je n’étais pas très favorable au gavage des oies. Quand elle nous a expliqué, elle nous a montré la façon dont elle élevait les animaux, on s’est dit il y a du soin, ils sont malades on les prend et on les soigne. C’est pour cela que je suis plus enclin à manger du foie gras qu’avant".

Mais pour la première fois cette année, Marylène Bastin est également victime de remarques virulentes sur son travail publié sur les réseaux sociaux. Une situation qu’elle n’avait jamais connue auparavant : "Mes enfants m’ont incitée à être présente sur Facebook. Je publie donc régulièrement des photos. Un jour, des habitants du village ont publié en dessous de ma boutique une vidéo de gavage de canards. Une vidéo qui m’a également choquée. Elle venait d'un élevage de Dordogne. Cela n’avait rien à voir avec la manière dont je travaille." Des messages à son encontre qu’elle espère ne jamais voir transformer en dégradations ou vols dans ses installations : "On est dans un mouvement qui ne concerne même pas le bien-être animal. C’est uniquement sectaire. Il faut fonctionner comme certains l’ont décidé."

Mais cette productrice qui prend le temps de parler et d’expliquer les choses à tous ses clients peut également compter sur leur sympathie : "Certains clients ont publié des réponses à ces commentaires sur Facebook pour expliquer la manière dont je travaille… D’autres ont une démarche militante et demandent pour acheter une tranche de foie gras en plus quand ils viennent chez moi."

Une chose est sûre, pour le réveillon de Noël, Maryène Bastin ne mangera pas de foie gras : "J’en aurai assez vu pendant tout le mois".

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