Le contrat "canado-saoudien" de CMI et GDLS est toujours contesté outre-atlantique

Les opposants canadiens au contrat du siècle de General Dynamics et Cmi vient de remporter une bataille...
Les opposants canadiens au contrat du siècle de General Dynamics et Cmi vient de remporter une bataille... - © Tous droits réservés

C'est un professeur de droit québecois qui mène, outre-atlantique, le combat pacifiste contre les ventes de matériel militaire aux saoudiens. Lorsqu'il a appris que les véhicules blindés légers vendus par le groupe General Dynamics (officiellement des transporteurs de troupes) allaient être équipés de tourelles et de canons de l'entreprise sérésienne CMI, cet éminent juriste a sollicité la cour fédérale de son pays, pour que les licences d'exportation soient retirées.

Il a été débouté, au début de l'an passé, et il a interjeté appel. Puis en septembre, il a introduit une deuxième requête, sur base d'éléments neufs. La ministre des affaires étrangères a tenté d'étouffer dans l'oeuf cette seconde procédure. Mais le magistrat, dans un arrêt prononcé ce mardi, a décidé que le dossier doit être réexaminé. Notamment parce que les éléments neufs sont sérieux. Ils sont qualifiés de "preuves tangibles", et de "faits avérés, à ce stade".

De quoi s'agit-il ? D'une violation caractérisée des droits de l'homme à l'été dernier, en l'occurrence l'usage de chars canadiens, fournis précédemment, contre la population civile lors du siège de la ville d'Awamiyah, à majorité chiite, dans l'est du royaume wahabbite. Cette décision de justice, certes intermédiaire, constitue peut-être un premier pas vers l'annulation ou la suspension des licences d'exportation, dont il est malaisé d'évaluer les conséquences pour la société CMI.

Le contrat doit en effet s'étaler sur une dizaine d'années. Les prototypes et les préséries des tourelles et des canons ont déjà été réalisés. La production  et la livraison ont commencé. Plusieurs dizaines de personnes ont été embauchées pour des activités d'assemblage sur les sites de Loncin et d'Aubange.  Dans un éditorial publié ce jeudi, le très influent quotidien "Le Devoir" écrit que "les licences doivent être révoquées". La société CMI affirme ne pas s'en inquiéter.

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