Le CHU de Liège rencontre un succès inattendu avec des vidéos sur l'actualité des vaccins contre le coronavirus

Le professeur Michel Moutschen dans l'épisode 5
Le professeur Michel Moutschen dans l'épisode 5 - © Tous droits réservés

Un mardi sur deux, le professeur Michel Moutschen, le chef du service d’infectiologie du CHU de Liège, commente l'actualité des vaccins contre le coronavirus dans des vidéos mises en ligne. L’épisode 5 est sorti mardi dernier.

Ces vidéos étaient d’abord destinées au personnel de l'hôpital universitaire mais elles ont aussi conquis un public extérieur, comme l’a constaté le professeur Michel Moutschen : "Je pense que pas mal de gens ont posté ces vidéos sur les réseaux sociaux etc. Petit à petit, il y a pas mal de personnes, aussi bien dans le monde médical que dans le grand public, en dehors du CHU de Liège et peut-être de Liège, qui ont écouté certaines de ces vidéos et qui m’en ont fait part, oui."

Au départ, l’idée était de donner une information adaptée et évolutive relative à la vaccination. "On pressentait qu’il y ait une certaine réticence du personnel médical, paramédical, technique etc. vis-à-vis de ces vaccins. Et donc, étant donné la nécessité de vacciner le plus grand nombre de personnes possibles, on voulait donner une information la plus complète possible et dynamique puisqu’il y a des nouveaux vaccins qui arrivent, le virus lui-même change, les recommandations changent. Il nous a donc paru nécessaire de mettre à jour ces informations régulièrement, e l’occurrence toutes les deux semaines."

Une information qui soit réellement une information

Un tel exercice se prépare, même pour un spécialiste comme le professeur Moutschen : "Bien sûr. La réalité est extrêmement complexe. Quand il s’agit de décortiquer une étude clinique et pour bien cerner l’efficacité d’un médicament ou d’un vaccin, il faut éplucher les données, donc ça nécessite du travail, indiscutablement. Toute la difficulté, c’est de donner une information qui soit compréhensible, dans un vocabulaire que tout le monde comprend sans avoir besoin d’ouvrir des bouquins pendant des heures, mais qui soit réellement une information, que ce ne soit pas simplement des messages creux qui n’ont aucune pertinence dans la compréhension des vaccins. Je pense que parfois on y est arrivés et parfois on a pu être un peu trop compliqué manifestement, mais voilà, on essaie.".

"Les retours ont été très positifs. Maintenant, évidemment, c’est un peu biaisé. La plupart des gens qui viennent vers vous sont des gens qui ont apprécié. Les autres ne disent rien. Mais pas mal de gens m’ont : "Si je n’avais pas entendu tes vidéos, moi je pense que je ne me serais pas fait vacciner. Grâce à toi, je l’ai fait. Je suis content etc.". Donc j’en suis moi-même satisfait. C’était le but. Les gens sont satisfaits quand ils ont compris quelque chose de compliqué. C’est ça l’idée, d’expliquer des choses qui sont complexes mais en permettant à des personnes qui ne sont pas des spécialistes de s’en approprier une petite partie, en tout cas utile pour la gestion de leur propre santé".

Contrebalancer les vidéos des opposants aux vaccins

De nombreux opposants à la vaccination s’expriment sur internet, l’objectif est aussi de contrebalancer leur point de vue… "Voilà.", confirme le professeur Moutschen, "Parmi toutes les questions que mes collègues m’ont posées, il y avait des questions qui étaient vraiment spécifiquement destinées à analyser ces vidéos un peu opposées aux vaccins en allant vraiment jusqu’au fond des choses, pour démontrer que derrière ces vidéos, même sous des aspects, je dirais, convaincants, il n’y avait rien de crédible d’un point de vue scientifique."

Le professeur a-t-il eu des retours des opposants aux vaccins ? "J’ai eu très peu de retours spontanés. J’ai suscité quelques réactions, donc j’ai contacté des scientifiques qui étaient à l’origine de certaines de ces vidéos et j’ai pu avec certaines de ces personnes avoir un dialogue."

Un format qui a bien marché

S’attendait-il à un tel "succès"? "Très honnêtement non. D’autant plus qu’il y a énormément de bons scientifiques en Belgique qui communiquent très bien. Maintenant, je pense que le format qui a été choisi par mes collègues de la communication au CHU est un format qui manifestement a bien marché. Quand on vous interroge dans un média, le temps de parole est tellement bref qu’on doit se limiter à des choses qui sont parfois un peu creuses. Ici, dans un format de dix, quinze minutes, on a le temps de s’exprimer, avec probablement certains détails qui sont trop compliqués mais aussi avec des messages qui percutent mieux que dans des messages très brefs comme on a parfois à la télé."

 

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