Le CHU de Liège cherche des cerveaux, sains ou malades, pour la recherche

Le don de cerveaux est "un acte personnel et gratuit", rappelle-t-on à l'ULg.
Le don de cerveaux est "un acte personnel et gratuit", rappelle-t-on à l'ULg. - © Tous droits réservés

"C’est intolérable au 21ème siècle de voir des gens qui meurent d’une maladie comme Alzheimer", s’insurge Pierre Maquet (ULg), le chef du service de neurologie au CHU de Liège.

La seule solution pour traiter ces personnes, c’est "de trouver des cerveaux". À en croire le professeur Maquet, seule une étude approfondie de cet organe permettra de proposer des traitements adéquats. Seulement, ajoute-t-il, "on n’effectue plus les autopsies comme on le faisait avant et ça nous prive d’une information qui est capitale. Vous avez beau avoir tous les scanners les plus récents du monde, c’est quand même l’examen au microscope du cerveau du patient qui est la réponse définitive".

Depuis son arrivé au CHU de Liège, il y a 6 ans, le professeur Maquet n’a vu passer que deux cerveaux dans son laboratoire. Ce qui est trop peu pour lancer un programme de recherche et ainsi proposer de nouveaux traitements. Si les noms de maladies neurologiques, telles qu’Alzheimer, Parkinson ou encore sclérose en plaques, sont bien connus du grand public, celles-ci restent trop peu comprises des scientifiques. "Toutes ces pathologies-là n’ont que des traitements qui sont symptomatiques et pas curatifs", martèle Pierre Maquet.

"Un acte personnel et gratuit"

Le don de cerveaux est "un acte personnel et gratuit", rappelle le professeur de l’ULG. Le service de neurologie du CHU de Liège recherche tant des cerveaux sains que malades. "Pour que notre base de données soit utile, il nous faut des cerveaux de tous les âges, des deux sexes, de toutes les maladies, car plus la base de tissus sera riche, plus on pourra distinguer les différentes maladies". La seule condition est que la personne donne son accord avant de mourir. Il lui faut donc prendre contact avec le service de neurologique pour signer un accord de consentement (neurologie@ulg.ac.be).

Bien que très différent du don d’organes ou encore de corps à la science, le prélèvement de cerveau est pratiqué avec les mêmes règles éthiques. Le corps du défunt est toutefois rendu à la famille directement après l’extraction.

Enfin, ces cerveaux servent aussi à informer les familles du donneur de cerveau, car certaines affections neurologiques sont transmises génétiquement.

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