Le CHU de Liège a étudié la contamination des Liégeois par des produits chimiques

Le CHU de Liège a étudié la contamination des Liégeois par des produits chimiques
Le CHU de Liège a étudié la contamination des Liégeois par des produits chimiques - © Province de Liège

Cosmétiques, pesticides, matières plastiques... Nous sommes tous contaminés par des produits chimiques qui perturbent notre système hormonal: c'est la conclusion d'une étude épidémiologique que vient de mener le CHU de Liège en collaboration avec la Province de Liège. Le service de toxicologie a étudié la présence d'une trentaine de "perturbateurs endocriniens" comme on les appelle, chez 250 personnes en province de Liège. Essentiellement ceux qui provoquent le cancer du sein, l'hypofertilité masculine, la puberté précoce, l'obésité et le diabète. Et les résultats sont sans appel: hommes ou femmes, jeunes ou personnes âgées... Aucun habitant n'est épargné.

22% de la population présentent une contamination importante

Tous sont contaminés et souvent simultanément par plusieurs produits de la même catégorie... Ce qui crée un effet "cocktail" aggravant comme l'explique Corinne Charlier qui dirige le service de toxicologie au CHU de Liège: "si on s'intéresse aux phtalates, c'est-à-dire les plastifiants qu'on retrouve dans les bouteilles de plastique souple par exemple, il y a 97% des sujets étudiés qui sont contaminés par plus d'un résidu de phtalate. De la même façon, si on s'intéresse aux parabènes qu'on trouve dans les cosmétiques, il y a 71 % qui sont contaminés par plus d'un résidu. C'est alarmant en raison des effets de ces différents produits chimiques qui peuvent dérégler notre système hormonal."

Changer nos modes de consommation, d'achat et de vie

Alors que faut-il faire pour se préserver de ces produits chimiques? Eh bien, Il faut diminuer son propre taux de contamination en prenant quelques mesures de bon sens, en changeant notamment nos habitudes d'achats et de consommation: "On peut réduire l'utilisation de tous ces récipients en plastique, les films alimentaires. On peut essayer d'acheter des cosmétiques comme des lotions démaquillantes ou des crèmes pour le visage qui sont "paraben-free". On peut apprendre à nettoyer nos maisons à l'eau plutôt que de simplement prendre les poussières. On va acheter des crèmes solaires qui ne contiennent pas la benzophénone3."

L'Europe rend plus difficile l'interdiction des perturbateurs endocriniens  

Mercredi dernier, la Commission européenne a décidé que pour définir un perturbateur endocrinien -et donc pour l'interdire- il faut prouver sa toxicité chez l'homme. Ce qui est très difficile. Or on a déjà des preuves chez l'animal. "Je crois qu'il fallait faire l'inverse. Il fallait d'abord limiter l'utilisation de ces produits tant qu'on a pas la preuve pour l'un ou l'autre qu'ils ne sont pas dangereux chez l'homme et non pas attendre d'avoir la preuve de leur dangerosité chez l'homme pour interdire la substance." Pour la toxicologue liégeoise, Cette position européenne récente est un un véritable pas en arrière en matière de politique de santé.

Enfin sachez que dans le cadre de ses conférences Santé, la Province de Liège organise le jeudi 23 à 19h30 une conférence sur "les perturbateurs endocriniens, ces produits chimiques capables de bouleverser notre équilibre hormonal". L'étude du CHU en collaboration avec la Province y sera évidemment abordé. Elle se déroulera à la salle de la Haute Ecole de la Province quai du Barbou. L'entrée est gratuite.

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