Le CHR de la Citadelle invite les anciens malades du Covid à voir un psychologue

L'hôpital de la Citadelle reprend contact avec les anciens malades du Covid pour leur proposer un suivi psychologique
L'hôpital de la Citadelle reprend contact avec les anciens malades du Covid pour leur proposer un suivi psychologique - © RTBF

Peur de la foule, anxiété, peur de retomber malade… Certains anciens malades du Covid, gardent des séquelles psychologiques de cette période difficile. Mais peu nombreux sont ceux qui entreprennent des démarches pour se faire suivre sur ce plan. A Liège, le CHR de la Citadelle a entrepris de reprendre contact avec ses anciens patients hospitalisés, pour leur proposer un suivi psychologique.

Si je croise une personne sans masque, je panique

Fabienne a contracté le coronavirus au mois d’avril. Aujourd’hui, elle en garde d’importantes séquelles physiques et psychologiques. " Tout me fait peur ", reconnaît-elle. La voix tremblante, elle énumère ses angoisses du quotidien : " j’ai peur d’être hospitalisée en soins intensifs, peur de mourir, de retourner au travail, si je croise une personne sans masque, je panique ". Alors, Fabienne s’enferme et sort le moins possible de chez elle.

Depuis sa maladie, Fabienne a aussi beaucoup perdu confiance en elle. " Quand je vais chez les kinés et que je n’arrive pas à faire des exercices que des enfants seraient capables de faire, ça me donne un coup au moral. "

Un problème de confiance en soi, la peur de retomber malade, la peur de l’extérieur.

Un discours qu’Olivier Leblanc, psychologue à la Citadelle a l’habitude d’entendre. " Il y a effectivement un problème récurrent de confiance en soi, la peur de retomber malade et la peur de l’extérieur ".

La majorité de ses patients lui font part de leur envie de " redevenir comme avant ". " C’est impossible ", tranche le psychologue. " Mais on peut améliorer beaucoup de choses : regagner en compétences, en fonctionnement cognitif… "

Selon lui, l’accompagnement d’un psychologue peut donc aider à aller mieux. Le tout, c’est d’y penser et de faire la démarche, ce qui est loin d’être une évidence pour tout le monde. " Certains patients ont les ressources nécessaires pour aller chercher de l’aide, mais d’autres n’ont pas les mêmes outils ni la connaissance du réseau. "

Certains ont très bien vécu leur maladie

C’est pour cela que plusieurs psychologues du CHR de la Citadelle ont entrepris de prendre contact eux-mêmes avec d’anciens patients du Covid, qui ont séjourné dans leur hôpital.

Sur les quelque 300 personnes contactées, environ 10% ont jugé utile de se lancer dans un suivi psychologique. Un patient n’est pas un autre : " certains ont très bien vécu leur maladie mais pour d’autres, cela reste quelque chose de très difficile à vivre ", précise Olivier Leblanc.

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