Le benzène tue: la justice liégeoise dédommage quatre anciens ouvriers de Polypal

Treize années de combats en justice pour obtenir la reconnaissance des cancers du sang comme maladies professionnelles
Treize années de combats en justice pour obtenir la reconnaissance des cancers du sang comme maladies professionnelles - © polypal.be

C'est l'épilogue d'un interminable combat devant les cours et tribunaux: au terme de treize ans de procès, deux ex-ouvriers de Polypal à Herstal, et les familles de deux autres, décédés, viennent d'obtenir de coquettes indemnisations pour des lymphomes ou des myélomes, provoqués par le benzène auquel le personnel de cette usine de rayonnages métalliques a été exposé. 

L'agence fédérale des risques professionnels a multiplié les procédures pour éviter de payer: elle a été jusqu'à contester l'invalidité de l'un des quatre, cancéreux en rémission après huit chimiothérapies lourdes, sous prétexte qu'il aurait pu encore accomplir quelques tâches sédentaires. Les magistrats ont considéré que le traitement entraîne des séquelles, et qu'une rémission n'est pas une guérison. 

Le benzène est depuis longtemps reconnu comme agent cancérogène. Il provoque des leucémies. Mais pour les lymphomes et les myélomes, c'est moins clair. C'est le lien direct entre le métier et la maladie qui a été au centre des débats. Dans un premier temps, des experts se sont basés sur l'absence de corrélation statistique. Avant qu'un éminent hématologue ne qualifie le benzène présent dans les solvants et peintures de Polypal de "cause prépondérante" des pathologies dont les victimes ont souffert. L'agence fédérale des risques professionnels a tenté d'écarter ce rapport. En vain. La décision qui vient d'intervenir pourrait entraîner du changement en matière de prévention et de dépistage.

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