Le banc d'épreuve des armes à feu: une expertise liégeoise menacée ?

Le très discret siège du banc d'épreuve, au Fiond des Tawes, à Liège
Le très discret siège du banc d'épreuve, au Fiond des Tawes, à Liège - © Michel Gretry

Une commission du parlement fédéral a inscrit à son ordre du jour pour ce mardi un projet de loi, déposé par les ministres Peeters et Geens qui réforme de fond en comble le "banc d'épreuve des armes à feu". Cet organisme est chargé de tester tous les fusils, tous les pistolets, toutes les munitions du royaume. Il peut paraître anachronique: il existe depuis l'époque napoléonienne, au moins, et il est régi par un décret impérial qui a largement survécu à l'indépendance belge. S'il est implanté en région liégeoise, c'est évidemment en vertu du savoir-faire armurier local...

Mais derrière une nécessaire modernisation règlementaire, se cache peut-être une volonté flamande de délocaliser. C'est du moins la crainte de plusieurs députés d'opposition. Un article du texte précise en effet que désormais "le Roi peut fixer l'emplacement du banc d'épreuve, et des antennes supplémentaires qui pourraient s'établir ailleurs sur le territoire national". Depuis longtemps, des élus flamands souhaitent régionaliser cette insitution, décriée pour ses lacunes dans la gestion ou son accueil peu bilingue. Mais la scinder, pour qu'elle développe des activités au nord de la frontière linguistique, ce serait une menace économique, qui pourrait indirectement peser sur la Fabrique Nationale: l'entreprise herstalienne représenterait entre les deux tiers et les trois quarts des essais pratiqués au banc d'épreuve....

Le bourgmestre Willy Demayer a tenu a réagir. Il est, de droit, le président du banc d'épreuve. Et selon lui,"il y a derrière le projet du gouvernement fédéral des arrière-pensées de développement de l'industrie en Flandres, pourquoi pas ? Mais pas au détriment du bassin liégeois. J'ai donc pris des contacts, j'ai pris mon téléphone, pour tenter de trouver, dans la majorité, des mandataires susceptibles de se rallier à l'amendement déposé par le groupe socialiste, pour que le banc d'épreuve reste à Liège." Et parmi ces mandataires, selon nos informations, le ministre Daniel Bacquelaine.

Selon le ministre Peeters, les "antennes" à créer ne seraient pas spécialement néérlandophones: elles pourraient s'implanter au plus près des usines du secteur, FN, ou Meccar, de façon à éviter des déplacements et des transports, toujours dangereux....

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