Le 15 août liégeois: ses origines napoléoniennes

Le 15 août, Saint-Napoléon, anniversaire de l'Empereur et (ancienne) fête nationale française
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Le 15 août, Saint-Napoléon, anniversaire de l'Empereur et (ancienne) fête nationale française - © RTBF - François Braibant

Le 15 août, il y a un peu plus de 200 ans, c’était la fête nationale française, la Saint-Napoléon et le jour anniversaire de l’empereur – dont on célèbre d’ailleurs les 250 ans. Cette fête nationale du 15 août, c’est Napoléon lui-même qui l’avait instituée. A Liège, elle a perduré comme fête populaire avec un caractère crypto-officiel. Nous avons retrouvé le programme des fêtes du 15 août 1810.

"L’anniversaire de S.M. l’Empereur"

Ce programme a été publié dans la Gazette de Liège – Journal du Soir du mercredi 15 août 1810. Il y a donc deux cent neuf ans. "La fête anniversaire de la naissance de S. M. l’Empereur des Français […]", y est-il écrit, "sera annoncée le 14 août à six heures du soir par des salves d’artillerie et le son des cloches." C’est le même horaire que les tirs de campes qui ouvrent la fête de nos jours. Sans imaginer que le programme soit resté à ce point inchangé pendant plus de deux cents ans, l’historien Bernard Wilkin n’a aucun doute : l’origine du 15 août liégeois, c’est bel et bien l’anniversaire de l’Empereur ! Anniversaire dont le premier Empire avait fait à la fois la Saint-Napoléon et la fête nationale française.
"La fête remonte à la Saint-Napoléon de 1806. C’est un arrangement avec l’Eglise catholique. On trouve un martyr, Saint Neapolis, qu’on transforme en Saint Napoléon, ce qui arrange tout le monde." La Révolution avait coupé la France de l’Eglise. Napoléon restaure les relations à sa façon. La Saint-Napoléon est fixée le 15 août, jour anniversaire de l’Empereur. "Et de 1806 jusque 1813, le 15 août devient la fête nationale française. Bien sûr, il y avait déjà des célébrations pour l’Assomption de la Vierge, mais qui n’avaient pas l’ampleur qu’elles prendront sous l’Empire. C’est grâce à Napoléon, à l’instauration d’un jour de congé pour fêter l’Etat et aussi la religion, que les fêtes liégeoises vont perdurer."

Des commissaires de police pour maintenir l’ordre

Si elles perdurent, c’est parce que la Révolution avait fait perdre au peuple ses jours de fête. "Ces fêtes étaient traditionnellement tournées vers les célébrations religieuses. Ce n’est qu’avec l’Empire et l’instauration du quinze août qu’on va retrouver un sens festif que les Liégeois vont particulièrement apprécier. A la fin de l’Empire, les Liégeois perdent l’occasion de célébrer l’Empereur, mais ils peuvent continuer à célébrer la Vierge, le prétexte est bon !"

Le programme publié dans la Gazette de Liège le 15 août 1810 annonce que les autorités militaires, civiles et judiciaires se rendront à la cathédrale, qu’un curé prononcera un discours et qu’on changera un Te Deum. Il y aura bal à la salle des spectacles. Les édifices publics seront illuminés et les habitants sont invités à illuminer leurs maisons. A la différence d’aujourd’hui, la fête concerne la ville, pas (seulement) le quartier d’Outremeuse : Place aux Chevaux (Place de la République française), il y aura des mâts de cocagne. Les jeux commenceront à cinq heures du soir. On n’y admettra que des jeunes gens de plus de quinze ans. Une musique guerrière exécutera des fanfares. Des commissaires de police seront sur place pour maintenir l’ordre. On suppose donc qu’il fallait le maintenir… comme de nos jours !

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