La ville de Maastricht souhaite infléchir sa politique en matière de drogue

La nouvelle bourgmestre de Maastricht a tenu, devant son conseil municipal, ce lundi soir, un discours qui risque de susciter des remous de ce côté-ci de la frontière. Elle a tracé les grandes lignes de la politique qu'elle entend mener en matière de drogue.

Elle est en fonction depuis cent-jours. Elle s'appelle Annemarie Penn-te Strake. Elle a la réputation d'une femme progressiste et non-conventionnelle. C'est une ancienne procureure générale. Elle est issue du parti du troisième âge, et elle est à la tête d'une coalition de centre-gauche.

Les effets secondaires

Depuis trois ans, la ville de Maastricht a limité, dans ses coffee shops, la vente libre de cannabis à ses seuls résidents: les Belges et les Français ne peuvent plus venir s'approvisionner. Selon Annemarie Penn-te Strake, le tourisme de la drogue a été fortement endigué. Les nuisances ont été drastiquement réduites. Mais elle constate des dégâts collatéraux:  le commerce de rue est devenu plus agressif; les trafiquants sont aux portes de l'agglomération.

Ni tolérance, ni prohibition

C'est désormais le crime organisé qui règne sur la production. Pour Annemarie Penn-te Strake, interdire la fumette n'est pas réaliste. Légaliser n'est pas plus une option. Elle propose donc une troisième voie : réguler la culture. En clair, autoriser les particuliers à faire pousser quelques plants, entre adultes, pour un usage personnel et récréatif. Elle suggère donc de transformer les coffee shops en cannabis social clubs. Elle demande au gouvernement néerlandais de pouvoir mener des expériences dans cette optique. Elle souhaite que les magistrats, qui peuvent apprécier de l'opportunité des poursuites, ne s'acharnent pas.

A l'agenda européen

Elle demande à son ministre de la Justice et de la Sécurité de profiter de la présidence de l'Union Européenne, assurée par les Pays-Bas à partir de janvier, pour faire évoluer les traités internationaux en matière de stupéfiants.

Il est à noter que cette politique est recommandée par de nombreux criminologues, mais qu'elle se heurte à de multiples réticences. En mars de l'an dernier, par exemple, trois jeunes gens de la banlieue liégeoise ont été placés sous mandat d'arrêt, précisément pour une culture artisanale de cannabis, à très petite échelle, dûment déclarée auprès de la police zonale. Ils attendent toujours de passer en jugement. Ce dont ils sont accusés est désormais préconisé par les autorités, à vingt-cinq kilomètres de chez eux.

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