La ville de Liège pratique-t-elle le proxénétisme foncier ?

Les "bars" sont lourdement taxés: une rentrée immorale dans les caisses communales ?
Les "bars" sont lourdement taxés: une rentrée immorale dans les caisses communales ? - © Michel Gretry

La question se pose, après le triplement de la taxe sur les bars, voté ce lundi, en conseil communal, à l’unanimité moins les abstentions des oppositions, et un seul vote contre, de la part de l’élu vert de gauche. Avec cette question, posée à l’échevine des finances : "combien de passes faut-il pour qu’une travailleuse ou un travailleur du sexe puisse payer les quinze mille € annuels ?".

L’intéressée a prétendu ignorer totalement les tarifs. Le document adopté définit l’établissement qui doit s’acquitter de cette somme : c’est un débit de boissons où du personnel favorise la consommation par toute autre manière que le chant, la danse, ou le service "normal". Traduit de façon moins équivoque : des lieux où serveuses ou serveurs offrent leurs charmes.

La majorité socialiste libérale se défend de contribuer, par son règlement, à de la traite d’êtres humains. Elle s’abrite derrière une circulaire de la tutelle régionale, qui permettrait d’aller plus haut encore dans le montant à percevoir. Et, après tout, le taux n’a pas varié, depuis l’instauration de la taxe, depuis une vingtaine d’années. Un recours au conseil d’État a été introduit contre une première version du texte, avec un premier avis de magistrat négatif pour la ville. Le débat a failli se transformer en discussion de café du commerce sur la prostitution, sa prohibition ou sa réglementation. Mais il a rapidement tourné court, pour rester sur le plan strictement fiscal. Et ne faire qu’effleurer l’état d’avancement du projet de centre érotique, au point mort depuis plusieurs années.

 

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