La ville de Liège bazarde ses logiciels libres

Le petit manchot Linux passe par la "fenêtre"
Le petit manchot Linux passe par la "fenêtre" - © Linux

Le conseil communal de Liège, ce lundi soir, a entériné l'achat de licences Microsoft; une décision qui peut paraître anodine, mais dont la portée symbolique n'échappe à personne: c'est la fin des logiciels libres dans l'administration de la cité ardente. L'oposition de gauche l'a amèrement déploré.

Pour le PTB, Raoul Hedabouw a regretté que la ville de Liège renonce à s'adapter aux logiciels libres, alors que d'autres pouvoirs publics, bruxellois notamment, ont réussi. Le manque de formation et de suivi ont précipité l'échec de l'expérience, après quelques mois seulement. La gratuité des solutions "non-Microsoft" devrait, dans les circonstances budgétaires actuelles, orienter les décisions.

Pour Véga, François Schreuer a souligné l'apport des logiciels libres en terme d'indépendance technologique  informatique. Parce que le choix d'une administration ne s'impose pas seulement aux fonctionnaires. Dans certains cas, les usagers, les citoyens se voient obligés de se doter des produits Microsoft pour remplir des formulaires en ligne, par exemple. Il a donc plaidé pour le lancement d'un appel d'offres, avec l'interopérabilité comme critère de choix.

Pour le Parti Socialiste, Hassan Boussetta a déploré les effets monoplistiques des logiciels de multinationales, et il a plaidé pour un pluralisme informatique. L'efficacité des logiciels libres est une question de masse critique, et la ville doit pouvoir continuer être un acteur de la masse critique.

L'achat de suites bureautiques Microsoft est la conséquence du mécontentement des agents, qui se sont plaints des incompatibilités entre les divers outils. Voilà le constat du technicien, convoqué devant les conseillers communaux, pour justifier son choix. Les logiciels libres provoquent, à son estime, une perte de productivité. La ligne "pro-Microsoft" ne traduit pas une position de principe: la municipalité continue à utiliser des solutions OpenSource, qui, par exemple, sous-tendent le site web. Mais ces explications n'ont convaincu que les convaincus: la dépense a été votée par la majorité PS/CDH, renforcée des élus du mouvement réformateur.

Michel Gretry

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