La sécheresse reste un gros problème pour les agriculteurs

Dans les campagnes, les agriculteurs doivent arroser leurs légumes tellement il fait sec. La sécheresse que nous avons connue cet été a de lourdes conséquences au niveau des trésoreries dans les fermes et aussi pour la Région wallonne qui a annoncé une aide au secteur de plusieurs millions d'euros. Selon la Fédération Wallonne de l'Agriculture, ce ballon d'oxygène financier sera nettement insuffisant. 

On irrigue encore au mois d'octobre

Dans les plaines de Hesbaye, la situation est tout à fait inédite. Nous sommes à la mi-octobre. Il y a 24 degrés. Les producteurs de carottes doivent irriguer leurs parcelles car le sol est particulièrement sec. "On doit arroser encore une fois cette saison pour pouvoir arracher des carottes qui sont destinées à être stockées en frigo et si on n'arrose pas, il n'y a pas assez de terre attenante à la carotte et donc, on ne pourra pas conserver les carottes assez longtemps" explique Denis Devillers, agriculteur à Ligney.

Opérations réfléchies car coûteuses

Les opérations d'irrigation doivent être réfléchies, planifiées et ont un coût pour les agriculteurs. Heureusement, ils sont aidés. Denis Devillers explique: "C'est le centre agricole de la province de Liège, le CPL-VEGEMAR, qui fait des passages toutes les semaines pour juger de l'opportunité de l'arrosage aux différents stades de la culture".

Prairies jaunes en été

Cet été, avec les fortes chaleurs, les prairies se trouvaient en grande souffrance. Un exemple, à Sprimont. Les prairies étaient quasi jaunes. Aujourd'hui, la situation s'est normalisée, à la grande satisfaction des éleveurs. Cela dit, les agriculteurs ont dû entamer leurs réserves d'hiver. Les prix des marchandises explosent. "Une année normale, on paye la paille à 85 euros la tonne et actuellement, on la paye à 105 euros la tonne. Pour le foin, c'est le même comparatif, on passe de 100 euros la tonne à 150 euros la tonne actuellement pour avoir un aliment de qualité pour le bétail" explique Joseph Ponthier, président de la Fédération Wallonne de l'Agriculture et agriculteur à Sprimont.  

Vendre une partie de ses animaux pour s'en sortir

Conséquences, certains éleveurs ont décidé de vendre des animaux pour ne plus devoir les nourrir. C'est un calcul comme un autre pour essayer de garder la tête hors de l'eau. A Horion-Hozémont, comme marchand de bestiaux depuis 41 ans, Benoît Jaco est un observateur privilégié de la vie dans les fermes. "Les agriculteurs aujourd'hui ont des difficultés financières, ils ont difficile à nouer les deux bouts. Ils ne savent pas payer toutes leurs factures, ils ont des échéances. Donc, ils sont obligés de vendre des bêtes aujourd'hui à un prix moins élevé. Les engraisseurs qui les reprennent derrière n'ont pas plus facile parce que les aliments coûtent très cher et ont difficile de les faire partir parce que la consommation de la viande est fortement diminuée en Belgique" dit-il.

Il faudra des millions pour indemniser

Pour indemniser les agriculteurs par rapport à la sécheresse, le Gouvernement wallon a annoncé le chiffre de 33 millions d'euros.  
Pour Joseph Ponthier, le président de la Fédération Wallonne de l'Agriculture, ce sera nettement insuffisant: "On estime actuellement à 358 millions les pertes qu'on peut avoir dans tous les secteurs de l'agriculture de Wallonie.  On demande à la Région wallonne de mettre davantage d'argent sur la table parce que les agriculteurs ne s'en sortiront pas.  On va vers des faillites et d'autres personnes qui vont arrêter leur exploitation".

Le Ministre wallon de l'Agriculture est parfaitement conscient que son département devra mettre la main au portefeuille de manière importante. Il attend les constatations définitives de ses services.

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