La sécheresse inquiète les agriculteurs

Les jeunes arbres fruitiers souffrent des fortes chaleurs. Pour les sauver, il faut irriguer les parcelles.
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Les jeunes arbres fruitiers souffrent des fortes chaleurs. Pour les sauver, il faut irriguer les parcelles. - © Marc Mélon RTBF

La chaleur actuelle inquiète les agriculteurs. Les récoltes pourraient en effet souffrir de la sécheresse. Le secteur laitier est touché mais également celui des arbres fruitiers.

D'urgence de l'eau pour sauver les arbres fruitiers

A Jodoigne, le propriétaire de 250 000 jeunes poiriers et pommiers a par exemple fait appel aux services d'une société spécialisée dans l'irrigation de terrains agricoles installée à Geer. Geoffrey Mellet, ouvrier agricole pour la société de Charles-Antoine Dewulf, explique: "Les feuilles sont recroquevillées sur elles-mêmes, et en plus de cela, ils sont tout petits. Le sol est sec, il y a des feuilles à terre, ils sont vraiment en très mauvais état. Il faut absolument un apport d'eau, sinon ce sera la perte totale".

Depuis une semaine, entre 6 et 22 heures, pour respecter la quiétude des habitants du quartier, deux citernes de 25 000 litres traversent le village et s'approvisionnent dans un ruisseau. Geoffrey Mellet: "On met 20 litres au mètre carré. Ici, les citernes font 25.000 litres chacune. Il en faut donc à peu près une dizaine pour faire un hectare. La terre où on est fait 20 hectares. On est donc à peu près à 200 citernes".

Impact sur le secteur laitier

Il n' y a pas que les jeunes arbres fruitiers qui souffrent à cause de la sécheresse. A Sprimont, des tâches jaunes apparaissent dans les prairies. Joseph Ponthier, agriculteur et président de la Fédération Wallonne de l'Agriculture: "On le voit par rapport aux herbes. Le pied ne se nourrit pas et il y a des trous au niveau de la pâture. L'herbe est beaucoup moins appétante aussi pour les vaches parce qu'elle est trop sèche. On le voit au niveau des rendements des vaches laitières. Elles produisent beaucoup moins de lait à cause de la sécheresse".

Pénurie de beurre

Les agriculteurs ne parlent pas de pénurie de lait, mais plutôt de pénurie de beurre avec des conséquences pour leur portefeuille. Joseph Ponthier: "Le prix du beurre explose. Depuis plus d'un an, il était à 2.500 euros la tonne. Maintenant, le voilà à plus de 5.000 euros la tonne, et on ne voit toujours pas la différence au niveau du portefeuille de l'agriculteur. Là on se pose des questions parce qu'après deux années de crise, on penserait qu'avec un prix du beurre pareil, l'agriculteur pourrait renflouer les dettes qu'il a créées depuis quelques années. Ce n'est pas le cas du tout".

Le bétail mange déjà les réserves prévues pour l'hiver

A cette période de l'année, les agriculteurs stockent du foin pour nourrir le bétail en hiver. A cause de la sécheresse, ils sont obligés d'entamer leur réserve. L'hiver risque de coûter cher: "Il va falloir acheter des aliments qui vont être rares un peu partout également. Le prix des aliments risque d'augmenter. Donc les coûts de production risquent d'augmenter très fort aussi".

Ce soir, les vaches iront dormir dans les étables et en cas de trop fortes chaleurs, elles y resteront la journée. Et dans ce cas encore, il faudra les nourrir.

 

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