La Masse Critique, cette manifestation où les cyclistes se réapproprient l'espace public

La Masse Critique, ce mouvement où les cyclistes se réapproprient l'espace public
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La Masse Critique, ce mouvement où les cyclistes se réapproprient l'espace public - © Tous droits réservés

"Nous ne bloquons pas le trafic, nous sommes le trafic", c'est l'un des slogans de la Masse Critique, un mouvement né à San Francisco en 1992, qui réunit, une fois par mois, des cyclistes pour une balade en ville. Pendant une heure, tous les derniers vendredis du mois, ils se promènent côte à côte pour se réapproprier l'espace public. L'idée, pour eux, est de créer une masse pour prendre la place des voitures le temps de leur passage.

On a besoin de notre espace pour être en sécurité dans les villes.

Aujourd'hui, des masses critiques sont organisées simultanément partout dans le monde. En Asie, en Australie, en Amérique Latine et aussi en Europe. C'est le cas, notamment, chez nous à Liège. Le groupe y est autogéré et n'a pas de responsable, c'est l'un des participants, Corentin Lénelle, qui nous explique le principe du mouvement : "L'idée ce n'est pas d'embêter les gens, c'est de dire que nous aussi on existe! Que nous aussi on est nombreux, qu'on a besoin de notre place, de notre espace pour ne pas se mettre en danger, pour être en sécurité dans les villes."

La ville de Liège, peu adaptée aux vélos

Ils sont plusieurs dizaines à s’être déplacés pour prendre cet espace et faire un maximum de bruit, avec leurs sonnettes mais aussi au rythme de la musique que diffusent des enceintes accrochées sur un vélo. Parmi les cyclistes : des citoyens engagés, un livreur Deliveroo, mais aussi des familles. "Les conducteurs ne sont pas sensibilisés à ce que c’est de rouler à côté de quelqu'un qui est en vélo," nous raconte Sébastien, "En plus, moi, avec mon fils qui a 2 ans et demi, c'est un peu stressant quand il y a une voiture qui passe à moins d'un mètre et demi, ça fait un peu peur. Et donc, ce genre de manifestation, c’est important pour sensibiliser." "On n'a pas notre place ici à Liège," ajoute Ans qui participe au mouvement pour la première fois, "Chaque fois que je roule sur la route, je gène les voitures, mais quand je vais sur le trottoir, je me fais engueuler par les piétons."

Pendant la balade, des flyers sont distribués aux automobilistes et aux passants pour leur expliquer le but de la démarche. Au travers de la masse critique, ces cyclistes s'adressent également aux autorités, réclamant plus d'aménagement pour les vélos.

 

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