La maison pour enfants "L'Edelweiss" touchée par les inondations à Chaudfontaine: "Tout est à refaire"

Les inondations qui ont touché le pays la semaine dernière concernent des milliers de particuliers, mais aussi des associations et des institutions qui se retrouvent complètement démunies.


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C'est le cas de l'Edelweiss, à Chaudfontaine, un SRG, Service Résidentiel Général. Michel Vandevenne était l'invité de la rédaction de Liège ce jeudi matin. Il s'occupe d'aide à la jeunesse depuis plus de trente ans. Au sein de l'Edelweiss, il accueille 15 enfants, 24 heures sur 24, 365 jours sur l'année. Des enfants âgés entre 3 et 18 ans en décrochage scolaire, et qui ont été placés par la justice.

Le travail de l'Edelweiss, c'est d'aider ces enfants à se reconstruire: "D'abord, c'est leur permettre de poser leurs valises après des événements difficiles et puis, progressivement, de pouvoir se reconstruire et de pouvoir renouer progressivement, lorsque c'est possible, avec leurs parents, dans des conditions acceptables. Et lorsque tout se passe bien, c'est éventuellement penser à une réintégration, une réinsertion, dans le milieu familial" explique Michel Vandevenne.

Les inondations ont tout emporté

Le gros problème, c'est que les inondations sont passées par là. "Aujourd'hui, les bâtiments de l'Edelweiss sont vides. Nous avons été noyés sous trois mètres d'eau. Cette vague a emporté tout. Au niveau du rez-de-chaussée, il ne reste rien. On a travaillé avec une trentaine de bénévoles pour vider l'institution à partir de samedi et nous sommes pratiquement à 200 mètres cubes d'encombrants évacués. Nous n'avons plus rien. Tout est à refaire. Ce qui est bien, c'est qu'il semblerait que la stabilité du bâtiment ne soit pas touchée, c'est déjà une chose importante. Ça veut dire qu'on va pouvoir reconstruire et rénover une maison qui venait d'être rénovée".

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"Tout est à refaire" explique Michel Vandevenne. © Michel Vandevenne

Au-delà des dégâts matériels, ce qui est le plus dur, c'est la perte de tous les dossiers des enfants

Mais au-delà des dégâts matériels, ce qui est sans doute le plus dur, c'est la disparition de tous les dossiers liés à ces enfants: "Les dégâts matériels, c'est quelque chose d'important, mais j'ai été particulièrement touché par la disparition des dossiers des enfants qui ont été réduits en miettes" confie Michel Vandevenne. "Et ça me touche énormément parce que parfois, dans ces dossiers, il y avait une photo d'un papa décédé, d'une maman décédée, un lieu de sépulture, ce sont ces choses-là qui me touchent énormément. On ne se refait pas après 35 ans de travail avec les enfants. On pourrait dire que ce n'est que du papier, que des détails, mais ici, c'est l'histoire des enfants".

Les enfants relogés provisoirement dans une maison de repos 

Actuellement, les enfants ont été relogés dans une maison de repos: "Pour le moment, nous sommes hébergés en mode camping sympa et confortable dans une maison de repos de Mehagne. D'ailleurs, je remercie Madame Dorbolo, la directrice. Ce matin, nous avons une réunion avec l'inspection pédagogique et demain, nous rencontrons la ministre Glatigny, Monsieur Jeholet, ainsi que le bourgmestre de Chaudfontaine, Monsieur Bacquelaine, pour essayer de trouver une solution. Nous savons que c'est très compliqué puisque dans la vallée de la Vesdre, ce sont des milliers de personnes à reloger. Mais on ne fera pas tout et n'importe quoi. L'important pour moi, ce sera de permettre à nos enfants qui ont déjà souffert de nombreuses ruptures de pouvoir poursuivre leur scolarité dans leur établissement scolaire, poursuivre leurs activités, poursuivre leur suivi thérapeutique et les contacts avec la famille".

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"Nous avons été noyés sous trois mètres d'eau" témoigne Michel Vandevenne. © Michel Vandevenne
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