L'histoire des hologrammes est un peu liégeoise

La magie des hologrammes (hologramme Maria Callas)
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La magie des hologrammes (hologramme Maria Callas) - © Youtube

Si vous êtes fan de Claude François, Maria Callas, Tupac ou encore du Roi de la Pop, Michael Jackson, et que vous regrettez de ne pouvoir les admirer sur scène qu’en vidéo, ne vous inquiétez pas. De nos jours, il est possible d’assister à des concerts holographiques de célébrités décédées. Mais comment cette technologie est-elle possible ? Au final, c’est pas sorcier... Et vous verrez que l’idée des hologrammes ne date pas d’hier.

À Liège, B71 est une entreprise qui travaille surtout dans le videomapping (reconstitution par ordinateur de plans ou de cartes, en 3D ou non), et dans la réalité virtuelle et augmentée. Ils ont entre autres été les acteurs de projets tels que la projection du générique de Star Wars et de l’hologramme de Dark Vador durant l’exposition Génération 80 à Liège-Guillemins, qui est, par ailleurs, toujours en cours. Donc l’holographie, B71 connaît. Julien Chandelle, directeur technique, nous aide à comprendre le fonctionnement des concerts-hologrammes : “en fait, ce qu'ils font, c'est qu'ils vont créer une vidéo 3D sur l’ordinateur, du chanteur ou de la chanteuse qu’ils veulent représenter. Pour ce faire ils vont reprendre des images d'archive de la personne qu'ils veulent projeter. Ensuite, un acteur/une actrice équipé(e) de capteurs reproduit les mouvements de la célébrité dans la vidéo, c'est ce qu'on appelle la 'motion capture'. Pour la voix, soit l'acteur/rice va chanter, soit ils vont rechercher des archives audio". Cette étape terminée, c'est le moment de la projection. "Une fois la vidéo créée, ils vont la projeter sur un papier transparent ou semi-transparent par devant ou par derrière. Mais ce n'est pas la seule méthode de projection. Souvent, on projette sur une plaque blanche au sol, qui elle, va refléter la projection sur le papier. C'est ce qui va donner l'impression que l'image flotte dans l'air”, termine Julien Chandelle.

Une origine liégeoise à l’holographie ?

Oui et non. Un procédé similaire était utilisé à Paris à la fin du 18ème siècle par un certain Etienne Gaspard Robert, un Liégeois qui se faisait appeler Robertson. Ce dernier organisait des spectacles appelés Les Fantasmagories. Parler “d’ancêtre des hologrammes” serait un peu trop. Néanmoins, dans l’idée, c’est assez semblable. Marc-Emmanuel Mélon, professeur d’histoire du cinéma à l’Université de Liège, nous explique comment l’ingénieux Robertson procédait : “Les Fantasmagories avaient lieu pendant la Révolution Française, plus précisément pendant la Terreur. Une page sanglante de l’histoire de France puisque les exécutions et les disparitions étaient fréquentes. Robertson avait mis au point un dispositif très particulier, très complexe. Au départ d’une lanterne magique (ancêtre des appareils de projection, ndlr), il diffusait, sur un rideau de fumée, des plaques peintes par sa main, de personnalités importantes décédées pendant la révolution. Le rideau de fumée faisait trembler les images, ce qui donnait l’impression que les visages reprenaient vie. Le public était alors persuadé d’être en présence du fantôme du défunt.” Mais ce n’était pas la seule idée de génie du Liégeois... “Il avait aussi imaginé demander à certaines personnes du public de lui décrire un de leurs proches mort. Suite à ce descriptif, il sélectionnait, parmi des plaques qu'il avait peintes au préalable, le portrait le plus ressemblant possible. Il le projetait ensuite sur le rideau de fumée, et les gens pensaient alors revoir leur parent. Il va sans dire que ce procédé reposait sur une incroyable crédulité du public”, conclut-il.

Si le passé appartient au passé, de nos jours, les avancées technologiques dans le domaine de l’holographie sont surprenantes. Si bien que les images modélisées en direct, comme dans Star Wars, ne relèveront bientôt plus de l’imaginaire et du fantastique : “dans quelques années, je pense qu’on aura ça (ce qu’il y a dans Star Wars, ndlr). Certaines universités américaines travaillent déjà là-dessus. Il ne reste plus que quelques couacs techniques à surmonter”, assure Julien Chandelle.

Si vous désirez voir à quoi ressemblent ces fameux concerts en hologramme, voici deux vidéos des représentations de Maria Callas et de Tupac en hologramme :

Tupac : https://www.youtube.com/watch?v=uJE8pfPfVRo

Maria Callas : https://www.youtube.com/watch?v=WZEKBuzp1BU

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