Huy et Hamoir: des casernes que les pompiers fermeraient s'il s'agissait d'établissements privés

C’est la journée du pompier, ce vendredi, et les hommes du feu de Huy et de Hamoir ont profité de l’occasion pour exprimer leur mécontentement. Ils se plaignent d’un manque d’effectifs et de moyens, qui menacent le service de secours au citoyen. Ils accusent leur commandant de zone de sous-estimer systématiquement les analyses de risques et les plans de charges de personnel. Ils dénoncent surtout les conditions de travail dans leurs casernes, avec à l’appui de multiples rapports de divers organismes.

Pour la caserrne de Huy, une inspection du groupe Arista a noté, en novembre dernier: défaut de contrôle de l'extincteur dans la chambre de garde, fuite d'eau par temps de pluie à proximité du cablage électriqueau du local de permanence, pas de couverture anti-feu dans la cuisine, prise de courant à refixer dans un débarras, pas d'aération dans la salle de repos, déficience de purge des douches et risque de légionellose, non respect des mesures d'hygiène dans le nettoyage des tenues de retour d'intervention.

Pour la caserne de Hamoir, le conseiller en prévention et le médecin du travail notent, par exemple,  que le dortoir, composé de deux lits superposés, est mixte, ce qui n'est pas conforme, et que la porte, non conforme, donne sur le garage, avec risque d'inhalation des gaz d'échappement des camion. Un service du ministè!re de l'emploi a d'ailleurs adressé une mise en demeure, pour exiger un plan d'amélioration: le délai expire dans quelques jours.

Des pressions et des intimidations

Le syndicat libéral met clairement en cause le colonel, commandant de la zone. Ses représentants évoquent des mesures de rétorsion opérationnelle envers l'un ou l'autre délégué.  En conséquence, un mot d’ordre de boycott des " portes ouvertes " prévues ce dimanche àla caserne de Huy. Un agent sur dix, seulement, a annoncé sa participation, alors que, d'habitude, ce genre d'opération et de démonstration pour le public remplit le personnel de fierté.

Des bourgmestres plutôt passifs

Le front commun afffirme que les quinze bourgmestres de la zone ont été dûment informés de la situation, par l'envoi de lettres recommandées, mais que ce courrier n'a, à ce jour, pas suscité la moindre réaction.

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