LA FGTB - UBT chez Palifor contre le dumping social

La FGTB - UBT chez Palifor contre le dumping soial
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La FGTB - UBT chez Palifor contre le dumping soial - © RTBF - François Braibant

"Rien n'a changé depuis l'affaire Jost" tonne la FGTB - UBT. Le syndicat socialiste des transports routiers a mené une action anti-dumping social ce vendredi matin dans plusieurs entreprises. Une quinzaine de syndicalistes ont manifesté devant les grilles de Palifor à Hermalle-sous-Huy. Le syndicat accuse Palifor d'employer des chauffeurs roumains, qui sont forcés d'habiter pendant de longues périodes dans leurs camions. Sur le parking de la société, on peut effectivement voir des voitures aux plaques roumaines.

Ces chauffeurs roumains dorment dans leur camion sur le parking de l'entreprise explique Daniel Maratta, secrétaire de la FGTB - Union Belge du Transport : "Ils cuisinent à l'intérieur de leur remorque. Les mauvaises conditions de travail et de salaire de ces travailleurs sont toujours d'actualité. A Bratislava, la boîte aux lettres de Palifor est toujours là."

Les sociétés-boîtes-aux-lettres sont des structures qui permettent d'engager des chauffeurs des pays de l'est aux conditions salariales et sociales des pays de l'est. Mais les chauffeurs conduisent des camions en Europe de l'ouest, à des prix très inférieurs aux salaires belges. "L'emploi de qualité s'en va à cause de ça", accuse Daniel Maratta.

Des contrats belges et slovaques pour les mêmes périodes

Le syndicaliste nous présente un dossier. Dans ce dossier, les copies de contrat d'un travailleur roumain. D'un côté, un contrat belge à durée indéterminée, de l'autre côté, un contrat slovaque signé quelques semaines plus tard, et valable pour une semaine seulement. Ces documents sont l'indice explique Daniel Maratta que le travailleur travaille en Belgique au tarif slovaque : "Si la direction dit qu'elle est clean, moi je n'ai pas de souci. Mais qu'on m'explique pourquoi des chauffeurs roumains qui passent à Bratislava signent plusieurs documents. Comment un travailleur qui travaille en Belgique en permanence peut avoir deux contrats de travail, un belge et un slovaque."

Un ancien cadre du secteur des transports - qui veut rester anonyme - nous explique ce que pourrait être le "système" : "Le vrai contrat, c'est le contrat slovaque. Le chauffeur roule à partir de la Belgique et il est payé au tarif slovaque, soit un net de 500 euros mensuels. Le contrat belge est là pour le cas où il y aurait un contrôle. Et pour se mettre vraiment à l'abri, on demande au travailleur, lors de son engagement, de signer un accord de rupture à l'amiable. Comme ça, s'il y a une enquête, et que les deux contrats sortent, ils ne se chevauchent pas." 

Nous avons interpellé la direction de Palifor sur les chauffeurs roumains, sur les contrats de travail slovaques, sur la société-boîtes-aux-lettres à Bratislava. L'administratrice-déléguée Audrey Paligot a démenti les accusations de la FGTB-UBT.

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