La faculté vétérinaire de Liège veut récupérer son label européen avant la rentrée

Le prestige de la faculté de médecine vétérinaire de Liège, sérieusement écorné. Elle vient de perdre son agrément européen, sorte de label de qualité à l’échelle du continent.

La faculté vétérinaire de Liège diplôme chaque année quelque 300 étudiants. Il y a quelques mois à peine, elle s’est installée dans ses nouveaux locaux, un bâtiment flambant neuf, doté de salles d’opération et d’un équipement de pointe.

Trop d’étudiants, pas assez d’enseignants

Alors comment expliquer cette sanction ? Premier gros point noir : les étudiants sont trop nombreux et pas assez encadrés. Aujourd’hui, la faculté dispose d’un enseignant pour environ neuf étudiants, il en faudrait au moins un pour sept pour conserver le label, un peu plus encore pour s’inscrire dans la norme européenne.

Autre problème : le manque d’animaux pour les cas pratiques. Bien souvent, les étudiants sont trop nombreux autour d’un seul animal.

Les étudiants s’inquiètent des éventuelles répercussions de cette perte de label sur leur carrière. " C’est vraiment très vague ", regrette un futur vétérinaire. " Est-ce qu’on pourra tout de même exercer à l’étranger, en Europe, ailleurs ? ". " Après mes études je compte rentrer travailler en France, est-ce que ce sera toujours possible ? ", s’inquiète un autre étudiant Français de cinquième année.

Certaines spécialisations plus difficiles d’accès

" L’exercice au sein de l’union européenne est garanti pour tous les étudiants, y compris pour ceux qui sortent de Liège cette année ", rassure d’emblée Georges Daube, le doyen de la faculté. " Mais il est réel que la réputation de la faculté a été touchée et donc je pense que pendant une année ou deux, les étudiants devront se battre pour démontrer que la qualité de la formation est bonne. "

Conséquence concrète, au-delà d’une simple question de réputation : à l’étranger, certaines écoles post-master qui dispensent des formations de spécialisation en médecine vétérinaire pourraient fermer leur porte à ces étudiants liégeois.

 Il y a vraiment une grande souffrance dans la faculté depuis une vingtaine d’années 

Les responsables de la faculté ne le nient pas, les problèmes sont réels et connus. " Il y a vraiment une grande souffrance dans la faculté depuis une vingtaine d’années ", confirme le doyen. " Les professeurs doivent faire face à une masse d’étudiants, surtout en clinique. Ils doivent répéter, par exemple les actes chirurgicaux pour 300 étudiants. Nous avons pas mal de cas de burn-out parmi les enseignants. Il est temps que nous régularisions à long terme cette situation ".

Objectif : récupérer le label avant la prochaine rentrée universitaire

Des discussions avec le cabinet de Valérie Glatigny, ministre de l’enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, sont en cours. Premier impératif : limiter le nombre d’étudiants. A ce sujet, la faculté aurait déjà obtenu des garanties : le concours de fin de première année, en place depuis quatre ans, est maintenu.

Deuxième obligation : trouver plus d’animaux pour les cas pratique. Ici, l’université s’engage à nouer de nouveaux partenariats avec des refuges et des exploitations agricoles.

Enfin, c’est le point crucial : il va falloir embaucher des enseignants. Rien d’acquis de ce côté-là. Les vétérinaires espèrent que la ministre les entendra. Le doyen de la faculté se dit en tout cas confiant : il espère récupérer son agrément avant même la prochaine rentrée universitaire.

 

 

 

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