La F1 reste en déficit en Belgique, mais est-ce inéluctable?

Divers éléments amènent un déficit pour les grand-prix de Belgique de Formule Un, mais les nuages ne resteront pas inéluctablement gris.
Divers éléments amènent un déficit pour les grand-prix de Belgique de Formule Un, mais les nuages ne resteront pas inéluctablement gris. - © VALDRIN XHEMAJ - EPA

Le Grand Prix de Belgique de Formule Un continue de coûter aux finances publiques. En 2016, son déficit s’est même accru pour atteindre 8,6 millions d’euros. Avec un contrat qui se termine au lendemain du grand prix 2018, la question de l’intérêt d’un tel financement par la Région wallonne ne manquera pas de faire entendre les voix des supporters et des opposants. Ces derniers mettront en avant le coût, les premiers avanceront les retombées, qui sont elles aussi importantes.

Le grand prix coûte cher. Personne ne le conteste et c’est comme cela pour quasiment tous les grands-prix dans le monde. 8 600 000 euros de déficit en 2016 et 6 800 000 en 2015. Au total, les pertes cumulées des dix dernières années atteignent 60 millions d’euros.

L’an dernier, l’augmentation du déficit, malgré 30% de spectateurs en plus, s’est expliquée pour l’essentiel par trois facteurs que précise André Maes, le directeur de Spa Grand Prix, société organisatrice de l’événement : " Le principal, c’est bien entendu l’augmentation du coût du dollars par rapport à l’euro (NDLR le contrat avec la F1 prévoit un paiement du coût du plateau en dollars et non en euro. C’était une exigence de l’ancien grand argentier de la F1 Bernie Ecclestone). Il est passé de 1,33 à 1,11. Heureusement, pour l’instant, les choses sont en train de s’améliorer un petit peu puisqu’on est à 1,18. Il y a aussi eu un surcoût en matière de sécurité lié aux attentats en Belgique. A la grosse louche, l’année dernière, ça nous a coûté 600 000 euros ". Quant à la troisième cause, il s’agit de l’augmentation du prix du plateau, un million de dollars de plus en 2016 par rapport à 2015.

Un déficit inévitable ?

Une augmentation du prix des tickets est possible. Mais l'actuel contrat court jusqu'au lendemain du grand prix 2018. Pour ce contrat, il est illusoire de croire à un retour à l'équilibre. Pour la suite, il va falloir renégocier un contrat. Non plus avec Bernie Ecclestone mais avec Liberty Media, la société américaine qui a racheté la F1. Francorchamps est bien côté et le repreneur veut du show. Or il se passe toujours quelque chose à Francorchamps, dit l'adage. Mais le cœur de la négociation, cela restera le prix du plateau F1, ce qu'il faut payer pour avoir la course. De son ampleur dépendra la possibilité d'un éventuel retour à l'équilibre.

Mais Francorchamps se heurte toutefois à une difficulté supplémentaire : " Le problème spécifique que l’on a, c’est que les forces de l’ordre et de sécurité nous disent qu’ils sont sûr de pouvoir assurer une sécurité maximale à 100 000 spectateurs, et que si on va au-delà, nous devront en prendre la responsabilité. Donc on ne peut pas monter plus haut. C’est un peu dommage ", regrette André Maes, d’autant que selon lui, " Grâce au show supplémentaire que les Américains de Liberty Media sont en train de mettre sur la F1, je pense que le nombre de spectateurs devrait aller en s’accentuant ".

Des coûts, mais aussi des retombées

Une société d’audit les a évaluées à 28 millions d’euros pour le grand prix 2016, 181 millions pour les dix dernières années, dont 110 pour la Région wallonne.

Et puis il y a ce qui n’est pas chiffrable : la publicité et l’image d’une région lors de la diffusion partout dans le monde. Il y a aussi le fait qu’un circuit homologué pour la F1, c’est une garantie importante aux yeux d’autres organisateurs de courses, et cela les attire.

En 2017, il y aura plus de spectateurs encore, mais cela ne devrait pas ramener l’équilibre. Par contre, l’infrastructure du circuit a elle retrouvé le chemin des bénéfices. 2 millions 300 000 en 2016. Et cela aussi revient au final à la Région wallonne. A l’heure de débuter la renégociation du contrat F1, tous ces éléments interviendront dans la balance.

Reportage télé du JT 13h sur le coût du Grand Prix de Francorchamps

Le grand prix fête cette année sa cinquantième édition (Reportage JT 13h vendredi 25 août)

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