La dernière journée liégeoise du procureur général De Valkeneer

Ce lundi, le procureur général de Liège a rangé son bureau, et salué virtuellement ses collaborateurs et les magistrats de son ressort : Christian De Valkeneer quitte ses fonctions, un an avant la fin de son second mandat. Pas de "pot de départ", pour cause de stricte observance des règles sanitaires ; pas de regret, ni sur ce détail, ni sur le bilan de son action : "C’est un métier à multiples facettes, et si je retiens un aspect en particulier, c’est l’outil de prévention des violences intrafamiliales que nous avons mis en place, et qui est maintenant appliqué partout dans le pays, et donc nous pouvons espérer qu’il contribue à sauver des vies".

Et quand il est interrogé sur le dossier qu’il regrette de ne pas avoir bouclé avant de changer de juridiction, il répond :"il y a tout le contentieux politico-financier, lié à Nethys, et il est indispensable de faire la lumière sur ce qui s’est vraiment passé ; et il est important, sur ce volet répressif, d’avoir un chef de corps qui soutienne ses équipes."

La corruption est une danse qui se danse à deux…

Au fil des entretiens qu’il accorde volontiers à la presse, il se devine une insatisfaction : l’affaire Mathot : "Le système de la commission des poursuites du parlement mérite quelques corrections ; au fil de temps, les élus chargés d’examiner une demande de levée d’immunité se sont transformés en une sorte de chambre des mises en accusation. Mais leur rôle, ce n’est pas d’examiner les charges ou l’absence de charges, mais de veiller à éviter les poursuites totalement dilatoires et qui ne reposeraient sur rien. Il y a une réflexion à avoir si la volonté est d’en faire une instance d’instruction : il faut alors organiser un débat contradictoire entre accusation et défense, et ce n’est pas le cas actuellement. La conséquence, c’est que l’affaire a dû être traitée en deux fois, avec des magistrats différents qui ont des visions différentes. Je respecte les décisions de justice, mais sans me prononcer sur le fond, il y a des corrupteurs, ça, c’est définitif, et de l’autre côté, un acquittement, frappé d’appel, alors qu’on m’a toujours appris que la corruption, c’est une danse qui se danse à deux, et c’est quand même un peu problématique…"

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