La chaire Mukwege : nouvel outil de l'ULiège pour aider la lutte contre les violences faites aux femmes

La "chaire Mukwege" veut participer à la l'accompagnement des femmes victimes de viol dans les pays en guerre.
La "chaire Mukwege" veut participer à la l'accompagnement des femmes victimes de viol dans les pays en guerre. - © © Torleif Svensson

Elle a son siège à l’Université de Liège et elle porte le nom d’un prix Nobel. La " chaire Mukwege " vient de naître. Un nouvel outil académique qui prend donc le nom du célèbre gynécologue congolais, prix Nobel de la paix 2018. Il était invité à l’Université de Liège, ce mercredi.

Soigner les femmes victimes de viol dans les pays en guerre, un combat que Denis Mukwege a entamé il y a une vingtaine d’années. Un combat loin d’être gagné. " Dans tous les conflits, le viol est utilisé comme arme de guerre. Cette arme reste largement répandue ", précise le gynécologue.

S’occuper de ces victimes de viol, cela passe bien sûr par un suivi médical. C’est essentiel, mais pas suffisant. Accompagner une victime c’est en fait lui offrir un suivi bien plus global. " Nous avons observé que même les femmes qui guérissaient sur un plan médical, gardent des séquelles, des problèmes psychologiques assez graves. Aujourd’hui nous proposons une prise en charge médicale, psychologique et socio-économique ", détaille le médecin. " Mais quand les femmes se portent bien physiquement, économiquement et mentalement, un autre problème surgit : celui de la dignité. Et seule la justice peut répondre à cette question de la dignité. "

Faire dialoguer les disciplines, mutualiser les connaissances

La médecine, la psychologie, la sociologie, le droit : l’objectif de cette nouvelle chaire, initiée par l’Université de Liège, c’est de faire dialoguer ces quatre disciplines et de mutualiser les connaissances d’universités du monde entier.

" La chaire ne veut pas rester dans une sphère académique. L’idée c’est qu’elle soit ancrée dans le terrain ", promet Adélaïde Blavier, professeure de psychologie spécialiste des psycho traumatismes, l’une des porteuses du projet. " Nous avons des partenaires qui sont des ONG. Une parmi d’autres : Médecins du monde. Ils font partie de la chaire. L’idée c’est que ce qui est produit par la chaire soit directement au bénéfice des associations pour des améliorations sur le terrain. 

Cette chaire aura donc pour mission de créer des outils pour aider les victimes. Des instruments adaptés à leur âge mais aussi aux différentes cultures locales.

La légitimité de mener un plaidoyer auprès des décideurs

Autre intérêt de cette chaire : se donner les moyens de faire pression sur les décideurs politiques. " Notre attente, c’est de créer des connaissances qui sont basées sur des évidences. Ce sont ces connaissances qui vont nous donner la légitimité de mener un plaidoyer auprès des décideurs ", explique Denis Mukwege.

L’Université de Liège s’est également engagée à accueillir tous les deux ans un grand congrès international sur la thématique.

Archives : Journal télévisé 15/09/2018

Interview de Denis Mukwege.

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