La bière est de plus en plus chère: comment expliquer cette augmentation?

Le verre de bière est toujours plus cher en Belgique. Avec la multiplication des brasseries, on s'attendait à une baisse des prix, mais cette concurrence est limitée. D'autres facteurs expliquent aussi la hausse des tarifs.

Depuis 2010, le prix d'une bière a augmenté en moyenne de 23,5%, c'est plus que la moyenne européenne. Dans ce café liégeois, un verre de bière au fût est 30 centimes plus cher qu'il y a 5 ans.

Selon Alain Servaty, propriétaire de cet établissement, c'est une augmentation obligatoire: "Quand vous achetez un fût de bière maintenant, c'est aux alentours de 122 euros hors TVA. On a repris une facture de 2012 pour comparer, un fût de bière était à 106 euros. Ça fait quand-même une différence de 16 euros. C'est une augmentation qui a été répercutée d'année en année, pas toujours par de grandes modifications mais ça a été par 10 cents par ci, 10 cents par là, c'est obligatoire, on ne peut pas faire autrement".

 Pour les bières trappistes, c'est encore pire, Alain a parfois dû aller jusqu'à 50 centimes supplémentaires. Résultat : le secteur Horeca a vu sa vente de bières diminuer de 16,8% en sept ans. "C'est moins cher de l'acheter directement à la station d'essence en bac ou en canette que de la consommer au bistrot. La clientèle s'est déplacée", explique Alain Servaty.

Comment expliquer cette hausse de prix ?

L'augmentation des accises sur les trappistes par exemple s'élève à 38,1 centimes par litre. Les coûts de production sont toujours plus élevés. "Le prix du houblon a augmenté l'année passée de 30 à 40%. Le prix de l'énergie augmente, les matières premières augmentent, l'orge, les produits de nettoyage, tout ça augmente petit à petit. Donc, à un moment donné, il faut bien se rendre compte qu'il faut adapter ses prix", explique José Poncin responsable de la production à la brasserie "La Botteresse".

Selon l'Observatoire des prix, il ne faut pas oublier le prix des emballages et les coûts salariaux plus élevés chez nous que dans d'autres pays voisins.  

Par ailleurs, notons que le Belge boit un peu moins de bière qu'avant : 8,9% de moins qu'en 2010.  Il délaisse la pils pour les bières plus fortes qu'il consomme en quantités moins importantes. 

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