L'ULg déverse 70 000 jeunes anguilles dans le bassin hydrographique de la Meuse

quelques unes des civelles déversées par l'ULg
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quelques unes des civelles déversées par l'ULg - © ULg

L'Université de Liège se lance dans une expérience originale. La réintroduction des anguilles dans nos cours d'eau.

Au départ d'une quarantaine d' endroits prédéfinis, l'équipe du laboratoire de démographie des poissons a jeté 16 kilos de jeunes anguilles dans le bassin hydrographique de la Meuse. L'objectif de Michael Ovidio et de ses collègues est d'observer le comportement de ces anguilles, de voir dans quel milieu aquatique elles se développent le mieux pour, à terme, en déverser peut être beaucoup plus. L'anguille est en effet une espèce qui se fait de plus en plus rare chez nous.

6 000 kilomètres pour arriver chez nous 

L'anguille ne naît pas chez nous. Elle vient même de très loin. L'anguille ne se reproduit que dans un seul endroit dans le monde: la mer des Sargasses près des Bermudes, au large de la Floride.

Les larves partent ensuite pour un long voyage de plus de 6000 kilomètres , emportées par le courant du Gulfstream vers les côtes africaines et européennes. La larve devient civelle puis remonte  les fleuves et rivière et s'établit à l'endroit qui lui plaît le plus. Elle y reste de 15 à 20 ans. L'anguille refait ensuite le chemin inverse pour aller se reproduire , une seule fois dans sa vie, dans la mer des Sargasses. "Il est impossible de reproduire des anguilles en aquaculture. Donc pour les observer, nous avons du acheter des civelles ", explique Michael Ovidio, chercheur, " et les déverser. On a choisi une quarantaine d'endroits sur différents cours d'eau, assez haut, dans le bassin hydrographique de la Meuse c'est à dire la Berwinne, la Gueule et la Hoegne".

Des anguilles repêchées dans quelques mois

L'objectif après , c'est de retourner sur les lieux de déversement, de faire des captures par la technique de pêche électrique et là on pourra estimer la croissance des anguilles, la survie, la dispersion par des techniques de marquage, recapture assez évoluées et ça nous permettra de dire dans quel type de cours d'eau on a eu le meilleur succès", ajoute Michael Ovidio.

Et quand le meilleur milieu sera identifié , on pourra peut être alors réempoissonner à plus grande échelle

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