L'Opéra Royal de Wallonie, une maison toujours active

Alors que le monde culturel est en sommeil, l'Opéra Royal de Wallonie est une ruche qui bourdonne toujours. Si les spectacles sont petit à petit remis à plus tard, aux ateliers de l'Opéra à Ans, on continue à produire décors, perruques et costumes pour les représentations de la saison prochaine. Entre la frustration de voir les spectacles reportés et la joie de continuer à travailler, comment les petites mains en coulisses vivent cette situation ?

Sa motivation nous pousse à continuer.

Fernand Ruiz, responsable de la production costumes, partage son enthousiasme. "Les artistes en règle générale ont une partie d'enfant assez prononcée donc c'est cette partie-là qui nous tient en haleine. Le moral ne baisse pas parce qu'il faut y croire tout simplement." Il fait le bilan de la situation : "Nous gardons le même rythme de travail. Ici, nous avons la chance d'avoir un grand atelier pour travailler ensemble tout en gardant nos distances. Peu de choses ont changé. Ce qui nous manque le plus, c'est vrai, c'est ce rapport à la scène et au public puisque nous travaillons pour lui."

Fefita est couturière. Elle fait partie des déterminés : "Pour nous c'est très motivant que le directeur, Monsieur Mazzonis, soit derrière les ateliers. Il veut qu'on continue à produire parce qu'il sait que ça va fonctionner. Et quand ça reprendra, tout sera prêt. Sa motivation nous pousse à continuer."

Si dans d'autres institutions culturelles les spectacles sont annulés, l'Opéra de Liège opte plutôt pour les postposer. Une source d'espoir pour ces travailleurs. Le report des représentations amène toutefois son lot de frustration. Isabelle Reisenfeld, responsable communication :  un moment on a un décor qui est prêt à partir et à être monté sur la scène. C'est vraiment l'aboutissement d'un travail. On va pouvoir faire vivre ce décor. Tout d'un coup, on le replie et on va le ranger parce que finalement il n'y aura pas de spectacle, cet aboutissement est reporté. On a au moins l'espoir que ce soit reporté mais c'est une grande frustration évidemment."

On ne se rend pas compte à quel point c'est réconfortant.

Monelle Rowies travaille dans la décoration. Cette situation a également un impact sur la réalisation des décors. "On n'a pas le retour des scénographes ou du metteur en scène quand le décor est en place. D'habitude on a des retours sur ce qu'il faudrait modifier. On a beaucoup moins d'échanges entre ce qu'on crée et ce que les scénographes imaginent. On n'a pas le résultat final sans ces retours." Elle s'affaire sur un pilier en polystyrène, une musique lyrique en fond sonore. Elle s'estime chanceuse. "Tout notre plaisir c'est de voir que les choses correspondent au mieux à ce qui nous a été donné. Je vois que dans le monde entier ça ne tourne pas rond, et ici on peut travailler, on ne se rend pas compte à quel point c'est réconfortant. Quand j'entends autour de moi tous les gens qui arrêtent de travailler et qui sont empêchés, nous, on a la chance de continuer."

Au total, ce sont quarante personnes présentes aux ateliers qui continuent à s'activer. L'ensemble du personnel garde le cap pour nous offrir la qualité de leur savoir-faire.

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Fefita, couturière aux ateliers de l'Opéra de Liège © Opéra Royal de Wallonie-Liège
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