L'opéra de Liège, l'un des derniers bastions des créateurs de perruques

Créateur de perruque... en voilà un métier qui ne court pas les rues ! En Europe, les opéras qui ont conservé leur propre atelier de perruques se comptent sur les doigts de la main. Londres, Amsterdam, Paris... ou encore Liège ! Les autres ont préféré externaliser cette activité, pour des raisons économiques. A l’Opéra Royal de Wallonie, une équipe de sept maquilleurs fabriquent aussi de fausses coiffures aux artistes. Rencontre.

Ambiance studieuse. Les artisans sont concentrés sur leur ouvrage, occupés à confectionner les perruques des prochains spectacles. Une fois le rideau tombé, elles viendront s’ajouter à toutes les autres, précieusement conservées par l’opéra. " Nous en avons plus de 3 000 en réserve ", lance fièrement Michel Dejardin, perruquier à l’Opéra de Liège depuis 43 ans. Des cheveux, il en a donc vu passer. Synthétiques, naturels ou même en poil de Yak. " Le Yak, c’est une sorte de vache ", rappelle le perruquier expérimenté. " On peut le décolorer et le teindre de toutes les couleurs, le chauffer, le mettre au four. On peut en faire des perruques Louis XIV ou Louis XV, car il est très résistant ".

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Sarah Lohay, en plein travail © Tous droits réservés

Le poil de Yak : matériau prisé des perruquiers

Des poils de Yak, c’est justement ce qu’utilise Sarah Lohay, penchée au-dessus d’un bonnet de tulle aux mailles serrées. Elle explique : " Je prends une mèche, je passe mon crochet dans le tulle, puis je tire ". Combien de fois devra-t-elle encore répéter ce geste pour venir à bout de sa perruque ? Des milliers de fois sans doute. Mais la jeune femme préfère ne pas compter. Sarah Lohay est une nouvelle recrue, diplômée de l’Académie des beaux-arts. Ce sont ses collègues plus expérimentés qui lui apprennent le métier au quotidien. " Ce n’est pas donné à tout le monde de faire ce métier ", précise Michel Dejardin. " Celui qui n’est pas patient n’y arrivera jamais. "

Fabriquer une perruque, cela peut prendre deux jours, comme plus d’une semaine, en fonction du modèle et du niveau de l’artisan. Des perruques qui, pour certaines, feront ensuite le tour de l’Europe.

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