L'institut Saint-Luc en ébullition après une manipulation illégale d'ordinateurs

Dans une salle de cours d'infographie, des captures d'écran à l'insu des utilisateurs: la validation pédagogique de cette méthode de sensibilisation pose question.
Dans une salle de cours d'infographie, des captures d'écran à l'insu des utilisateurs: la validation pédagogique de cette méthode de sensibilisation pose question. - © Tous droits réservés

Nos ordinateurs sont-ils dangereux ? C'est évidemment un excellente question à se poser dans le cadre d'un cours d'image numérique, dans une école supérieure des arts visuels. Une étudiante, en décembre, a rentré un projet pour sensibiliser ses condisciples aux traces qu'ils laissent derrière eux. Avec l'accord d'un assistant en charge des travaux pratiques, quelques lignes de logiciel ont été subrepticement écrites sur deux machines de la salle d'infographie : un programme pour enregistrer les frappes sur le clavier, et un autre qui déclenche automatiquement la webcam pendant vingt secondes par heure sans que les utilisateurs ne s'en aperçoivent

Des données récoltées par ces procédés ont été exposées en interne, discutées en séminaire en janvier, et brièvement postées sur un réseau social. Vues une trentaine de fois, et retirées dans l'heure, à cause de réactions indignées. De la part d'un élève, d'un professeur, et évidemment de la responsable du parc informatique de l'établissement. La méthodologie pose d'évidents soucis de respect des lois. Mais elle ne manque pas de bases théoriques: depuis dix ans, ils sont nombreux les créatifs qui ont utilisé du "piratage non malveillant" pour montrer ou démontrer des failles de sécurité.

Jusqu'à quel point la directrice a-t-elle cautionné la démarche ? 

Néanmoins, à la fin de l'hiver, l'institut Saint-Luc a commencé à bruisser de rumeurs. Selon nos informations, la directrice a incité à plusieurs reprises ses collègues à "aller jusqu'au bout de la démarche pédagogique", à savoir mener un grand débat, avec toutes les sections, qui aurait du intervenir à la mi-mars. Mais c'est alors que le conseil d'administration est intervenu, pour interdire la réunion. Une manière de régler en comité restreint la question des responsabilités ? Peut-être... L'enseignant concerné s'est senti frustré, privé d'une occasion d'expliciter son initiative. La liberté d'expression peut-elle tout s'autoriser pour dénoncer les dérives technologiques. Au vu des remous provoqués juste avant les congés scolaires, l'exercice "Delete Recreate" a performé au-delà de toute espérance....

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