L'impact de l'arrêt du nucléaire sur l'emploi hutois et liégeois ? Plus complexe qu'il n'y paraît

Les forces vives liégeoises commencent à préparer sérieusement l’après-nucléaire. Cette fois, c’est le logiciel Leodica qui a étudié, à la demande de la conférence des bourgmestres hutois, l’impact indirect de la fermeture de Tihange sur l’emploi. Leodica, c’est un programme informatique d’aide à la décision : il compile des données économiques qu’il modélise géographiquement, et c’est donc un outil d’analyse du développement territorial. Et les premières indications réservent quelques surprises.

Les chiffres et résultats des quelque cent vingt sous-traitants d’Electrabel, au cours des cinq dernières années, ont été passés au crible. Pas tous, mais presque : il y a eu des fusions ou des dissolutions. Plus de la moitié sont des entreprises wallonnes. Le reste se répartit à parts égales entre flamands et bruxellois. Il faut compter qu’un emploi à la centrale génère près de trois emplois de fournisseurs de biens ou de services, mais pas partout de la même manière. Il existe de très fortes disparités régionales : pas loin de cinq dans la capitale, à peine plus d’un dans l’agglomération liégeoise.

Autrement dit, même si le groupe Engie fait appel majoritairement, à des sociétés du sud du pays, elle génère plus de chiffres d’affaires avec des firmes néerlandophones. Une estimation à prendre avec les réserves d’usage, lorsqu’il s’agit d’une analyse statistique. Mais il faut donc s’attendre à des répercussions sociales de l’autre côté de la frontière linguistique. Cette première conclusion ne limite nullement les conséquences à prévoir au plan strictement local.

De l’importance du degré de dépendance

Au niveau provincial, le total des destructions de postes de travail pourrait dépasser le millier, principalement dans le proche arrondissement. Mais les dégâts vont être plus ou moins forts selon le degré de dépendance de chaque firme envers Engie, la capacité de résilience, la possibilité de trouver des activités connexes. C’est dire l’importance, dès à présent, de lancer des pistes de reconversion dans le démantèlement. Selon des études allemandes, l’assainissement d’un site, d’un réacteur, peut prendre une trentaine d’années. De quoi, peut-être, offrir sur place quelques perspectives de carrière.

Tihange se prépare à la sortie du nucléaire: archives JT du 02/04/2018

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