Lantin: concurrence déloyale du travail des prisonniers pour les personnes handicapées?

L'événement "cellmade" qui devait se tenir à la prison de Lantin est annulé
L'événement "cellmade" qui devait se tenir à la prison de Lantin est annulé - © cellmade.be

Au total, 150 à 200 patrons d'entreprise devaient rencontrer des prisonniers ce lundi soir. La régie pénitentiaire souhaitait inciter les chefs d’entreprise à employer des détenus. Avec un argument de choc: les prisonniers travaillent pour des coûts équivalents à ce que pratique la Chine. Les entreprises de travail adapté, qui emploient des handicapés, estiment qu'il s'agit de concurrence déloyale. Elles ont réussi à faire annuler l'événement.

Opposition des entreprises du travail adapté

Ce sont les membres de la chambre de commerce et d'industrie qui devaient visiter la prison de Lantin et rencontrer des prisonniers avant d'éventuellement les faire travailler. Finalement, les patrons n'iront pas. Les entreprises de travail adapté s'y sont opposées. Pour elles, qui emploient des personnes handicapées, le travail en prison, c'est une concurrence insupportable. Dany Drion, directeur général des ateliers Jean Del'Cour: "L'approche des prisons et les prix qu'elles pratiquent sont pour nous une concurrence déloyale. A partir du moment où on affiche des taux horaire de 5 euros, dont 1 euro 50 va au prisonnier, nous avons des problèmes pour trouver du travail à un certain nombre d'handicapés qui travaillent chez nous. On vient notamment de rater un marché d'assemblage et de remplissage de présentoirs. Nous avons remis un prix et puis, la société qui nous avait contactée, huit jours après, est revenue vers nous en disant désolée mais nous allons aller travailler avec la prison de Lantin qui nous a remis un prix d'un tiers du prix que vous nous avez remis".

La chambre de commerce s'est rangée aux arguments des entreprises de travail adapté. L'événement cellmade n'aura pas lieu. Du côté de la régie pénitentiaire, par contre, on regrette que l'événement ait été annulé. La régie ne se considère pas comme concurrente des ETA. Elle dit vouloir essayer de rapatrier en Belgique le travail parti vers les pays de l'est ou l'extrême-orient.

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