L'Etat belge condamné à sortir un interné de la prison de Lantin

Depuis ses bureaux au palais de justice, le président du tribunal de Liège jette un pavé dans la mare carcérale
Depuis ses bureaux au palais de justice, le président du tribunal de Liège jette un pavé dans la mare carcérale - © Michel Gretry

Le président du tribunal de première instance de Liège est un habitué des ordonnances de contre-pouvoir, et le jugement qu'il vient de prononcer ce vendredi ne déroge pas à la règle. Il a été saisi de la demande d'un homme, incarcéré à Lantin depuis un mois alors qu'il devrait être interné, et donc soigné, dans un établissement de défense sociale.

Depuis plusieurs années, la qualité du suivi psychiatrique à Lantin laisse à désirer, par manque de personnel, d'infirmiers et de psychologues. L'hopital de la Citadelle a d'ailleurs récemment annoncé, en guyise de protestation, qu'il cesse de mettre ses médecins à disposition de la prison. Le ministre de la justice, interpellé à plusieurs reprises, ne semble guère s'inquiéter de cette situation, malgré une lettre de la très officielle commission de surveillance pénitentiaire. Elle a d'ailleurs été produite, à l'audience. Et le juge a constaté que l'avocat de l'état belge n'a pas apporté le moindre élément de constestation à ce sujet. Dans sa plaidoirie, il s'est apparemment contenté de considérer qu'un délai d'attente de quatre ou cinq semaines est "normal et raisonnable", un argument qui n'a pas été admis par le magistrat.

En conséquence, le detenu doit être transféré de Lantin à Paifve dès qu'une place se libère. Et si l'administration pénitentiaire n'obtempère pas, elle va devoir payer des astreintes.

 

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