L'avenir du dernier haut fourneau liégeois bientôt en débat

Le HFB, tel que le voient chaque jour les riverains
Le HFB, tel que le voient chaque jour les riverains - © RTBF

Il est le dernier témoin du passé sidérurgique de la province de Liège. Que va devenir le haut fourneau B d'Ougrée, à Seraing ? HFB pour les intimes. Alain Mathot, le bourgmestre socialiste de Seraing a lancé les premières démarches pour créer un groupe de travail à ce sujet. 

Faut-il garder ce mastodonte de métal ? Si oui, entièrement ou partiellement ? Pour en faire quoi ? Un musée ? Ne vaudrait-il pas mieux au contraire tout raser ? C’est sur toutes ces questions que devra se pencher le futur groupe de travail. Un groupe qui n’est pas encore officiellement constitué, même si quelques contacts ont déjà été pris. En tout cas, pour l’instant, la Ville ne souhaite pas communiquer à ce sujet : " trop prématuré ", nous répond on au cabinet du bourgmestre.

Pour savoir où on va, il faut savoir d'où on vient

Le haut fourneau B est loin de faire l’unanimité. Entre affect et argument rationnel, chacun y va de son opinion. Pas d’unanimité non plus parmi les riverains, ceux qui côtoient au quotidien l’immense structure couleur rouille. " Il faut le raser, parce que c’est moche ", assène un habitant du quartier depuis trente ans. " Qu’on le laisse, qu’on le rase, ça m’est égal ", soupire sa voisine.  " Je préfèrerais qu’on le garde. Ça rappelle des souvenirs. Tous ceux qui ont travaillé là. Pourquoi pas un musée ? ", suggère encore un riverain.

Honorer la mémoire de tous ceux qui ont travaillé et transpiré ici, c'est bien l'intention des syndicats. Sur ce point, syndicat chrétien et socialiste sont sur la même longueur d’onde. " A défaut d’avoir pu sauver l’activité, on aimerait tout de même garder un souvenir de 200 ans d’histoire sidérurgique ", plaide Jean-Luc Rader, FGTB métal. Il ajoute : " pour savoir où l’on va il faut savoir d’où l’on vient ". Son idée ? déplacer le musée de la sidérurgie à Liège, " pas trop visité et dans un bâtiment en mauvais état ", direction le site du haut fourneau.

Rien ne sert de garder une carcasse vide

Mais si, à trop choyer le passé, on en oubliait d’aller de l’avant ? C’est ce que craint Marie-Dominique Simonet, ancienne directrice du port autonome de Liège. Elle se dit très attachée au site. Mais paradoxalement, pour elle, tout doit partir ! " C’est comme une mer sans eau ", s’explique la députée wallonne, cdH.  " Il n’y aura jamais plus de feu, plus de chaleur, plus d’homme. Ça ne sert à rien de garder une carcasse vide. " Pour préserver malgré tout la mémoire du site, elle verrait bien un projet ultra moderne, " une projection 3D, avec des nouvelles technologies qui retracerait l’histoire du site ". Un haut fourneau sans haut fourneau, dématérialisé. Elle en est convaincue : " là, les jeunes viendront ! "

Autre argument en balance : le coût d'une éventuelle restauration. Pas d'estimation précise pour l'instant, mais il faudra compter, à coup sûr, plusieurs dizaines de millions d’euros.  

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK