L’affaire Joassart continue de secouer la Fabrique Nationale

L’affaire Joassart, c’est cette instruction ouverte voici quelques années par la justice liégeoise, à la suite de la découverte de plus de quatre cents millions sur des comptes suisses puis luxembourgeois de Gustave Joassart, le principal courtier de la Fabrique pour le marché moyen-oriental. Pour vendre son matériel à la garde nationale saoudienne, l’usine herstalienne, par le passé, a longtemps utilisé les réseaux d’influence français, notamment à l’époque où elle a été une filiale des arsenaux de la république, devenus entreprise nationale. Que des commissions plus ou moins occultes aient été versées à des intermédiaires corses ou libanais pour décrocher des contrats, c’est une quasi-certitude, à la lecture du dossier. Qu’il s’agisse de faits de corruption, c’est à prouver. Que de l’argent soit revenu sous la forme de rétrocommissions, c’est désormais plus qu’une hypothèse.

Des doutes sur les comptes et bilans

Mais qui a su quoi, à la FN ? Les chiffres mentionnés dans les bilans ont-ils été sincères et complets ? Au sein du conseil d’administration, et parmi les délégués du personnel, de sérieux doutes commencent à s’exprimer. A tel point que, pour la deuxième fois en quelques années, une véritable bataille est engagée en conseil d’entreprise autour de la certification des comptes. Ce mardi, au moment de renouveler le mandat du collège des commissaires, composé jusqu’ici de deux sociétés de réviseurs, des désaccords ont surgi. Plusieurs syndicats ont réclamé de l’alternance, au nom de la bonne gouvernance. Un regard neuf permettrait de voir clair. La direction a proposé de garder une seule firme, Ernst & Young, et d’éjecter le bureau Deloitte. Mais du côté des travailleurs, c’est perçu comme un recul du point de vue de la transparence, et un recours au tribunal est annoncé. La clarté sur cet épineux dossier, ce n’est pas pour tout de suite.

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