Jusqu'où peut aller la collaboration entre policiers et videurs du "Carré" ?

Dans le flou de la vidéosurveillance, un avant-bras qui pendouille; une fracture difficile à ne pas voir, que les policier n'ont pas voulu voir.
Dans le flou de la vidéosurveillance, un avant-bras qui pendouille; une fracture difficile à ne pas voir, que les policier n'ont pas voulu voir. - © Tous droits réservés

Un dossier de brutalités policières, un de plus, est arrivé à l'audience correctionnelle, ce mercredi à Liège. C'est le quatrième depuis le début de l'année. Cette fois, c'est sur une intervention musclée de sorteurs et d'agents de la paix publique, dans le "carré", que la justice se penche.

C'est l'histoire d'un septuagénaire, prof d'unif, qui fête son anniversaire avec sa femme et ses fils. Après un repas arrosé, ils vont prendre un dernier verre, dans un établissement du "carré". Tout à coup, apparemment à cause d'une bière non payée, les esprits s'échauffent et l'un des jeunes gens est évacué, sans ménagement, par deux videurs. Dans l'escalier, se rebelle-t-il, ou heurte-t-il accidentellement la rampe ? Il se retrouve dehors avec le bras cassé. Radius et cubitus brisés net.

C'est alors que le personnel de sécurité du bistrot appelle une patrouille qui décide aussitôt d'emmener au poste les deux frères et leur père, menottés dans le dos. Même le gars qui a le bras cassé. Malgré les avertissements de la mère, qui est médecin, l'agent de première ligne croit à une simulation, pour l'amadouer. Au commissariat, les hurlements de douleurs sont pris pour des cris de rage. Il se trouve même, à l'audience, un divisionnaire  chargé de la fouille et de la mise en cellule, pour affirmer qu'il n'a à aucun moment été informé de l'état du blessé, qui doit attendre l'aube pour aller enfin à l’hôpital .

Au tribunal, à présent, l'enchaînement des énervements, des insultes, des coups n'est pas évident à reconstituer. Les versions divergent.... Les policiers mégotent, sur la torsion du coude ou de l'épaule, sur la pression pour immobiliser le récalcitrant. Mais ce n'est pas l'essentiel. Le problème, c'est que les agents de la paix publique n'ont à aucun moment tenté de comprendre la situation: ils ont comme obéi aux sorteurs. Ils ont suivi leurs indications. Sans la moindre distance. Avec une sorte de confiance aveugle. La collaboration entre forces de l'ordre et  gardiennage privé, c'est l'une des questions de ce procès qui doit se poursuivre en juin.

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