Jusqu'à deux ans de prison ferme pour les émeutiers du Carré liégeois

13 personnes étaient poursuivies devant le tribunal correctionnel de Liège pour une émeute dans le quartier du Carré à Liège le 24 juin dernier en milieu de nuit. Toutes ont été condamnées ce mardi à des peines diverses.

 

Deux ans de prison ferme pour le prévenu le plus lourdement condamné, 18 mois ferme avec arrestation immédiate ou avec sursis pour d’autres, des peines de 200 à 250 heures de travail d’intérêt général ou encore un simple sursis probatoire pour le plus légèrement condamné, voilà pour les peines prononcées ce mardi. 

12 des prévenus sont des jeunes de 18 à 26 ans. Un est âgé de 47 ans. Maître Séverine Solfrini défendait l'inculpé condamné à deux ans de prison ferme. Elle ne ferme pas la porte à un appel : "On peut comprendre les impératifs relatifs à la sécurité publique et à celle des services de police, mais ce sont des peines extrêmement lourdes. Il y a des notions juridiques qui méritent peut-être une discussion -notamment sur cette notion de participation à des coups et blessures- qui justifient peut-être d’envisager un appel. Ça, ce sera évidemment à mes clients de décider", précise l’avocate.

Maître Sandra Berbutto défendait elle un des émeutiers ayant été condamné à une peine de travail. Elle évoque un effet de groupe : "La plupart sont dans une attitude de regret. Ils se sont retrouvé dans une situation qui les a complètement dépassés. C’est un effet de groupe qui a mal tourné", justifie-t-elle.

Lors de l'émeute, un commissaire de police avait été blessé à la tête. Son avocat, Maître Alexandre Wilmotte, se dit satisfait du jugement : "Dans le chef des prévenus, il s’agissait de dire que finalement, on ne pouvait pas les condamner pour les faits les plus graves (coups et blessures) dans la mesure où on ne savait pas identifier clairement qui avait lancé quoi. Heureusement, le tribunal a retenu l’argumentation selon laquelle c’est précisément cet effet de groupe qui a permis à ces personnes de se sentir en position de force par rapport aux services de police. Et donc le tribunal a considéré qu’ils ont tous participé aux faits", estime-t-il.

Le jugement a notamment souligné l'exceptionnelle gravité des faits et le mépris des prévenus pour les forces de l'ordre.

Lors de cette émeute, le 24 juin dernier, des dizaines de jeunes s'en étaient pris aux forces de l'ordre en lançant bouteilles en verre, tables et bacs de fleurs dans leur direction. Six policiers avaient été blessés, dont un commissaire plus grièvement. Celui-ci était chargé d'établir le contact avec les fêtards pour tenter d'apaiser la situation. Il s'était avancé sans bouclier et sans casque et avait été accueilli par un jet de bouteille l'ayant atteint à la tête.

Ce procès concernait un premier lot d'inculpés. Au moins dix doivent encore être jugés.

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