Journée mondiale du deuil périnatal : "Il est temps de briser les tabous!"

L'ASBL "Au delà des nuages" photographie les bébés morts nés pour offrir un souvenir aux parents et les aider dans le processus de deuil.
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L'ASBL "Au delà des nuages" photographie les bébés morts nés pour offrir un souvenir aux parents et les aider dans le processus de deuil. - © Au delà des nuages

Nous sommes il y a un peu plus d'un an. Mélissa et Nicolas, un couple de trentenaires liégeois, attendent leur premier enfant, "Une petite fille!" a dit le médecin. Il est impatient, elle est sereine, ils vivent ce début de grossesse avec joie et insouciance. Et puis ça leur tombe dessus, sorti de nulle part, Mélissa se réveille avec des crampes au ventre. Les parents s'inquiètent, contactent le gynécologue, passent une nuit aux urgences. Les médecins détectent la présence d'un fibrome nécrosé dans le ventre de Mélissa. Deux jours plus tard, elle doit accoucher d'urgence, sa petite fille d'à peine 5 mois ne survit pas. 

Solitude et perte de repères

A la maternité, les parents se sentent chaudement entourés par des sages-femmes à l'écoute. Mais en rentrant chez eux, après quelques jours passés à l’hôpital, malgré la présence de leurs proches, c'est le flou. "Ça a été un bouleversement total pour mon mari et moi, raconte Mélissa, c'est un ensemble de plusieurs questions qui vous tombent dessus, aussi bien d'un point de vue médical, que d'un point de vue technique ou spirituel. On est vraiment perdus." 

Commence alors le deuil. La tristesse profonde, la douleur, la colère... Chacun des deux parents le vit différemment. Nicolas a besoin de sortir, de s'évader, de faire la fête pour oublier. Mélissa reste seule, enfermée chez elle, durant des jours. Elle passe son temps à lire des témoignages sur Internet de parents ayant vécu un deuil comme le leur. Ça l'aide et la rassure.

Témoigner pour sensibiliser

Un an plus tard, le couple a fait du chemin. "On se relève tout doucement. On avance en boitant, mais on retrouve le chemin de la joie" souligne Mélissa.

En Belgique, chaque année, près de 900 bébés décèdent au cours de la grossesse ou durant les premiers jours de vie. Alors aujourd'hui, cette mère milite pour libérer la parole, briser les tabous qui pèsent encore lourdement sur la mort prématurée d'un bébé. C'est pour cette raison qu'elle a choisi de témoigner, à l'occasion de la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal qui se tient chaque année le 15 octobre : "Cette journée, elle est importante pour sensibiliser l'entourage, mais aussi le corps médical, sur cette prise en charge qui doit être plus que juste rediriger les familles vers un psychologue, plus que juste dire «Ne vous inquiétez pas, vous en aurez d'autres! » Parce que c'est un chemin qui est beaucoup plus complexe que ça. C'est une cicatrice qui ne s'efface pas. Même si ça devient moins douloureux avec le temps, ça ne s'efface pas." 

Le 14 décembre prochain, Mélissa organise une conférence sur les problèmes qui surviennent pendant la grossesse et le deuil périnatal au Care Bar d'Alleur.

 

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