Journée européenne de l'obésité: 16% des Wallons concernés

16% des Wallons sont en surpoids
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16% des Wallons sont en surpoids - © journee-mondiale.com (tous droits réservés)

Ce lundi marque la journée européenne de l'obésité. Un problème de santé qui prend de l'ampleur dans le monde. Avec son lot de risques : maladies cardio-vasculaires, diabète, certains cancers.

Selon les dernières statistiques qui datent de 2013, pratiquement 14% des Belges sont obèses. Et ce nombre grimpe à 16% pour la Wallonie.

À Liège, le CHU possède un centre pluridisciplinaire de traitement de l'obésité. Un travail d'équipe qui réunit diététiciens, psychologues, diabétologues, et chirurgien.

Manger un peu de tout mais pas de trop

Vinciane Goessens y travaille comme diététicienne nutritionniste. Et elle doit souvent tordre le cou à certains clichés en matière de régime alimentaire sain : "On dit que le chocolat noir est bon pour la santé et qu'il n'apporte pas beaucoup de calories... Mais tout est une question de quantité, parce que, finalement, le chocolat blanc, le chocolat noir ou le chocolat au lait sont quasiment pareils d'un point de vue calorique. Ce sont des messages que la publicité apporte aux patients, mais qui ne sont pas toujours corrects".

"Quand on parle aussi par exemple de manger 5 fruits et légumes par jour, il ne s'agit pas de manger 5 fruits et 5 légumes nécessairement, mais déjà pouvoir consommer deux fruits par jour, c'est largement suffisant, avec un apport de légumes au repas de midi et un apport de légumes au repas du soir."

Autre cliché : manger des ananas ne ferait pas grossir : "Il faut compter qu'un quart d'ananas apporte autant de sucres qu'une pomme, c'est-à-dire plus ou moins trois carrés de sucre. Il n'y a donc pas de vertu amincissante au niveau de l'ananas. L'ananas contient une enzyme qui permet de digérer un repas qui serait plus riche en aliments protéinés simplement".

En conclusion, "manger un peu de tout mais pas de trop", c'est le conseil de Vinciane Goessens.

En Wallonie, un jeune sur quatre est en surpoids

En Wallonie, un jeune sur quatre présente un excès de poids et l'obésité augmente aussi chez les enfants. En 2001, 5% des enfants wallons étaient obèses. Aujourd'hui, ils représentent 9%.

Mais tous ne sont pas égaux socialement face à l'obésité comme l'explique Julie Hervengt, pédiatre au CHU de Liège : "On remarque, pour les familles où les parents ont un niveau d'instruction qui s'est arrêté au secondaire inférieur, un taux d'obésité chez l'enfant qui peut atteindre 30%. Tandis que dans les familles plus instruites, au niveau du secondaire supérieur, on a un taux de 4%".

En cause : la sédentarité et une mauvaise alimentation

Dans plus de 9 cas sur 10, la cause de l'obésité n'est pas médicale et peut se résoudre notamment par des régimes et de l'activité physique.

Il faut dire qu'aujourd'hui les jeunes sont très sédentaires : "On est dans une société où, effectivement, de plus en plus d'enfants passent énormément d'heures devant les écrans, que ce soit la télévision, les tablettes, ou les téléphones qui les occupent énormément".

Cela peut monter à plusieurs heures, surtout le week-end : "30% des enfants restent plus de deux heures devant les écrans en semaine et cela s'élève à 60% le week-end, avec jusqu'à 88% des adolescents qui restent plus de deux heures devant l'écran. Cela peut monter à 8 ou 10 heures devant les écrans en journée de week-end, c'est effectivement énormément d'heures de sédentarité".

La pratique d'une activité physique est donc conseillée, mais elle connait certaines limites : "Ce qui bloque les enfants à pratiquer des activités physiques, c'est vraiment des limites financières pour les enfants de la part des parents ou des limites d'organisation (pouvoir les conduire aux activités), et puis le fait d'être obèse qui limite les enfants dans leur capacité de pouvoir bouger correctement. Chez les adolescents, il y a plus la problématique de la motivation à faire du sport, du temps qui leur est demandé à consacrer à leurs devoirs pour leurs résultats scolaires et l’obésité en elle-même qui gêne au niveau de l'activité physique mais qui gêne aussi de par l'image corporelle. Des jeunes s'isolent alors socialement".

À la sédentarité s'ajoute également une mauvaise alimentation : "L'alimentation qui est excessive et très riche avec un nombre de collations par jour qui peut être important, de nombreux jus de fruit, de nombreux aliments... font qu'au total, fin de journée, l'enfant a ingéré énormément de calories et ne s'est pas dépensé".

L'année dernière, le centre de l'obésité pour enfants et adolescents du CHU de Liège a accueilli environ 150 patients. Un nombre sans cesse en augmentation.

Parfois, l'opération est nécessaire : Sylvie témoigne

Pour les cas les plus graves, une opération pour réduire la capacité de l'estomac est envisagée. Mais à certaines conditions. Notamment atteindre un indice de masse corporelle qui dépasse les 40, ce qu'on appelle un niveau d'obésité morbide. C'était le cas de Sylvie Perez Lopez. Elle s'est fait opérée il y a plus d'un an. Elle témoigne.

"Je suis arrivée jusqu'à 124 kilos et, là, c'était vraiment l'horreur. Le diabète, le cholestérol, l'hypertension, le cœur qui pompait, la transpiration tout le temps, ne pas savoir me déplacer, ne pas savoir monter les escaliers, des difficultés pour aller travailler aussi. Je suis éducatrice, je dois courir de tous les côtés et je n'arrivais plus à faire mon travail. Nettoyer, faire la vaisselle, faire à manger, tous les actes du quotidien... c'était la folie !"

Sylvie a donc décidé de se faire opérer (bypass). Aujourd'hui, elle pèse 62 kilos. Une opération qui a tout changé pour elle : "Ça a changé ma vie, mon hygiène de vie, mes relations avec ma famille, ma fille, mes amis, mon travail. Et maintenant c'est magique, je n'ai plus de diabète, je n'ai plus de cholestérol, je bouge, je sais porter ma fille, courir avec elle... et je vais pouvoir vivre, surtout !".

Par an, le centre de l'obésité du CHU de Liège effectue en moyenne entre 250 et 300 gastroplasties.

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