Journée de lutte contre les violences faites aux femmes : un rôle pas facile pour la police

La victime rencontre policier et assistante sociale pour obtenir de l'aide. Pour cette victime, cela s'est bien terminé.
2 images
La victime rencontre policier et assistante sociale pour obtenir de l'aide. Pour cette victime, cela s'est bien terminé. - © RTBF

C’est ce lundi la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Il est souvent question de femmes victimes de nouvelles violences, voire tuées, après avoir pourtant signalé leur situation à la police. Alors c’est du côté de la police, à Verviers, que nous sommes allés voir. Une police souvent débordée par le nombre de signalement et de plaintes.

"Je viens vous trouver parce que je n’en peux plus. Mon mari me bat. Il me frappe tout le temps. Il est violent, méchant et me rabaisse tout le temps". "J’ai bien entendu que vous êtes en détresse et que vous avez besoin d’aide". Petit échange entre une victime et un policier. C’est souvent le genre de situation évoquée lors de la première rencontre pour un dépôt de plainte.


►►► A lire aussi: Journée internationale contre les violences faites aux femmes : "La justice est laxiste et complice"


Des signalements de faits de violence intra-familiale, il y en a beaucoup. 45.000 en Belgique l’an dernier. 442 pour la police de la zone Vesdre, qui regroupe Verviers, Dison et Pepinster. Alors il faut faire des choix : "Evidemment, il faut faire des choix. Nous travaillons avec un système un peu pyramidal, sachant qu’en haut de la pyramide, on a les cas les plus graves, les personnes qui sont en danger de mort. Et si on descend dans la pyramide, à partir du moment où on a plus de temps, on va travailler sur des faits un peu moins graves. Bien entendu, il y a des moments où on souhaiterait en faire plus et donc on fait du mieux qu’on peut avec le peu qu’on a", explique Didier Magis, inspecteur au Service d’assistance policière aux victimes de la zone Vesdre.

Frustration

Il n’est pas rare d’entendre des victimes expliquer qu’elles ont porté plainte mais ne sentent toujours pas en sécurité. Une situation que comprend l’inspecteur Magis : "Bien entendu. C’est régulier que certaines victimes ne sentent pas que le système policier et judiciaire est derrière elles. Lorsque nous sentons que certains dossiers sont plus sensibles et qu’il y a des jours qui pourraient être en danger, alors on peut contacter directement le magistrat qui, s’il le juge intéressant, va mettre le dossier en haut de la pile et intervenir beaucoup plus vite pour intercepter le suspect si nécessaire".

Nathalie Habets est assistante sociale et criminologue. Elle rencontre elle aussi les victimes dans ce service et le reconnaît : la faiblesse des moyens amène des frustrations. "Au niveau frustration, il est évident qu’on aimerait pouvoir investir plus de temps mais malheureusement, on n’a pas ce temps nécessaire pouvoir s’investir plus"

Aujourd’hui, cette victime a quitté son mari. Pour elle, l’intervention de la police a été efficace : "Ils m’ont écouté. Ils m’ont aidé. Ils m’ont rassuré et j’ai senti que j’avais quelqu’un à mes côtés. Seule, je n’aurais pas pu m’en sortir. J’ai senti que j’avais de la force".

Le service d’assistance policière aux victimes de la zone de police Vesdre est joignable au 087/329.285. Toutes les zones de police disposent d’un service comparable.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK